Wright
religieux savaient estimer à son juste prix l'incorruptibilité de Crumwell. Il ne leur restait plus qu'un moyen d'acheter une prolongation d'existence : prodiguer les donations au ministre. Le prieur de Durham, par une lettre solennelle, se déclare prêt à élever l'annuité de 5 livres que recevait Crumwell du monastère de Saint-Cuthbert à 10 livres (1). La prieure de Catesby lui donnera 100 marcs pour s'acheter un hongre et lui promet les prières perpétuelles de la communauté s'il arrive à persuader au roi d'accepter les 2.000 marcs que, par l'entremise de la reine, elle lui a offerts pour la rançon du couvent (2). Richard, abbé de Leicester, envoie 40 livres, « car j'apprends, dit-il, que cela vous serait agréable » (3). Son successeur, l'abbé John, qui est obligé de payer une imposition annuelle de 240 livres et se trouve fort endetté, expédie un présent en nature : « une couple de bœufs gras et une vingtaine de gros moutons. » L'abbesse de Shaftesbury et son voisin, l'abbé de Cerne, offrent l'un et l'autre 100 livres à Crumwell, s'il veut épargner leurs maisons.
D'autres sollicitaient encore l'appui du tout-puissant ministre pour qu'il les déchargeât de certaines obligations légales, et ils accompagnaient leur prière d'une promesse de récompense substantielle. Ainsi, Robert Blakeney, que le secrétaire de Crumwell, Gostwyk, appelle sa « vieille connaissance, le prieur de Tynemouth, » offre un solide présent à seule fin de se faire exempter du paiement d'une annuité que la loi astreignait la communauté à servir. Son prédécesseur