Calendar », X, Préf. p. XLIII
Town », doyen de l'église collégiale de « Chester le Street », archidiacre de Buckingham, et enfin doyen d'York.
Ses lettres à Crumwell montrent qu'il existait entre eux une entente complète sur l'objet de la mission confiée à Layton. Dès le premier jour où il postula cet emploi, Layton prétendit n'avoir qu'un but : servir par tous les moyens les intérêts de son maître. En revanche, il ne cessait de solliciter, pour lui-même ou pour des amis, quelque place ou quelque autre récompense. Vers la fin de l'été de 1535, il écrit à Crumwell pour s'excuser d'avoir mal compris ses intentions. Dans un excès de zèle, et plein du sentiment de « ce qu'il pouvait faire », il commença sa première tournée d'inspection sans le plein consentement et l'entière approbation de Crumwell, « et, dit-il pour s'excuser, quant à mon départ de la cour mardi, vous pouvez être certain que lorsque j'ai connu votre volonté et plaisir touchant la visite de nouveaux endroits, j'ai pensé devoir vous être agréable en quittant de suite Berkeley. Et j'étais d'autant plus disposé à agir ainsi que mon cheval resta tout ce jour-là dans une vieille grange, sans nourriture ni litière, et que moi, je ne pouvais guère compter me loger dans la ville... Je pensais que c'était votre volonté ferme et absolue de me voir partir alors, et ainsi je vous supplie de prendre la vérité même pour mon excuse. » Il donne ensuite des explications à propos des injonctions qu'il avait faites aux maisons déjà visitées. En effet, à l'instigation de quelques-uns des visiteurs plus zélés, Crumwell, qui n'était pas encore au courant des procédés de calomnie et d'intimidation dont Layton usait si volontiers, avait blâmé ces injonctions comme
étant « fort maigres » et peu agréables au roi. Layton lui répond avec toute la confiance du génie créateur : « J'ose dire que, lorsque vous saurez mon idée en édictant ces ordonnances, et tout ce que j'ai fait à tous égards, le roi sera aussi satisfait de votre gestion que Sa Majesté l'a été jusqu'ici. Je prie Dieu très fervemment d'être enterré vif plutôt que d'être cause que le roi diminue en rien sa confiance ou son espoir dans votre dévouement suret éprouvé envers Sa Majesté (1). » Mais on fît bien voir à Layton, malgré son assurance, qu'il n'y avait pas pour lui plusieurs façons d'exercer son pouvoir d'une manière agréable à ses patrons.
Au cours de cette même tournée d'inspection, Layton commet une autre méprise en louant la grande abbaye de Glastonbury ; Crumwell qui, évidemment, lui déclara qu'on ne l'avait pas envoyé visiter les monastères pour louer et approuver, lui adressa des reproches à ce propos. Layton lui répond : « J'apprends par M. Pollard que vous êtes très surpris de ce que j'ai loué si grandement auprès de Sa Majesté l'abbé de Glaston qui, semblerait-il, n'a jamais connu Dieu, ni son prince, ni la moindre religion du chrétien. En sorte que les éloges excessifs et imprudents que j'en fis peu sagement à mon souverain Seigneur doivent nécessairement aujourd'hui paraître de ma part grande sottise et absence de loyauté, et je ne pourrai facilement me racheter, car mon crédit en a été beaucoup diminué auprès de Sa Majesté et aussi auprès de Votre Seigneurie, que je supplie très humblement de considérer que je suis homme et puis m'abuser, et que je ne pouvais connaître avec exactitude les pensées
1. « Calendar », IX, n° 7. Nous avons déjà cité une partie de cette lettre.
intimes d'un moine, vertueux en paroles et en apparence, mais intérieurement corrompu, comme il ressort de votre sage enquête. Et quoique ce soient tous des scélérats déloyaux, dissimulés, flatteurs et hypocrites, il ne peut, cela est hors de doute, y en avoir deux comme celui dont je parle. Je dois donc, dans ma nécessité actuelle, supplier très humblement Votre Seigneurie de me pardonner la sottise que je commis alors, ainsi que vous l'avez fait déjà si souvent, et de vouloir bien apaiser de suite Sa Haute Majesté le roi à propos de mes déclarations antérieures. Et dorénavant je serai plus circonspect dans les éloges que je ferai ou à Sa Majesté ou à Votre Seigneurie (1). »
Les lettres de Layton prouvent quïl fut, en toute occasion, l'instrument docile d'Henri VIII et de son supérieur immédiat, Crumwell. Comme le dit Anthony Wood, « il aida beaucoup à satisfaire les convoitises sans bornes du roi ». Henri et son ministre avaient résolu d'attaquer les monastères, et Layton fut bien l'auxiliaire qu'il leur fallait. Il promit sans hésiter d'être Yalter ego de Crumwell, l'homme en qui Crumwell « pouvait avoir confiance comme en lui-même ». Lui et le Dr Legh, disait-il, dépendaient entièrement de Crumwell, leur « Mœcenatem et unicum patronum », et ils ne manquent pas, en conséquence, de l'assurer de la « fidélité et loyauté de leur cœur » et de leur « dévouement prompt et sincère » (2).
On peut juger de l'impartialité et de la probité dont il faisait preuve au cours de ses inspections par les pronostics qu'il formait et exprimait d'avance sur leurs résultats. Ainsi, parlant de Sainte-Marie, à York, il