‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 262 sur 288 · Wright, p · texte numérisé non relu

Wright, p

« si la chose est bien arrangée, l'intérêt du roi sera bien servi et Votre Seigneurie aura bien accompli ses fonctions ». Crumwell réfléchit donc et envoya Legh. Legh connaissait à fond l'art de gouverner son maître : c'était de faire appel à sa cupidité et de lui suggérer l'idée des « profits » que procurerait telle ou telle façon d'agir.

Les vues qu'exposait le Dr Legh sur les avantages d'une action commune de la part des visiteurs prouvent qu'il comprenait clairement le but que voulaient atteindre le roi et Crumwell en établissant le système d'inspection. LeD'Layton, à son avis, ne mettait pas assez d'intransigeance à assurer rigoureusement et résolument l'observation d'injonctions impossibles. 11 admettait que les ordonnances étaient irréalisables dans la pratique ; mais il pensait que l'on devait forcer les religieux à les observer, afin qu'ils abandonnassent plus vite une lutte inutile (1).

Les deux visiteurs se touchent cependant par un point : tous deux prennent un goût évident à rapporter toute histoire nuisible à la réputation des moines ou des religieuses. 11 est indubitable qu'une foule de ces contes sont le produit de la fertile imagination de Legh, et qu'ils ne reposent même pas sur de malveillantes insinuations accueillies avec faveur. Il rapporte que la prieure de Sopham a gratifié d'un bénéfice certain frère que, « dit-on, elle aime bien, » et il ajoute : « Pour vous faire rire, je vous envoie une lettre qui lui vient censément de quelque dame, mais qui, selon les conjectures, a dû être expédiée par le frère (2). » Legh sait parfaitement les intentions de

1. Cf. M. Gairdner, Préface du tome IX, Lettres, etc., p# 20.

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