Ibid., XXXVII
fut le cas de Saint-Albans où il ne trouva rien, « bien qu'il y eût beaucoup à trouver » (\). Le trait caractéristique d'Ap Rice, qu'il possède en commun avec les autres grands visiteurs, c'est de parler avec éloge de personnes qu'il déclare en même temps avoir une conduite douteuse, mauvaise même, mais être dociles à la volonté des pouvoirs régnants. — Dans la même lettre, Ap Rice disait à son maître qu'il venait de visiter l'abbaye de Walden. L'abbé Robert, « homme de grand savoir et de jugement sain et droit », lui avait confessé « un terrible secret » : à savoir, qu'il s'était marié clandestinement et qu'il désirait quitter l'habit religieux et remettre son monastère « entre les mains » de Crumwell. Celui-ci conseilla au malheureux de continuer ainsi qu'il avait commencé, d'employer la prudence et de fuir le scandale (2). Si telles furent réellement les recommandations de Crumwell, à une époque où l'incontinence était frappée des peines les plus sévères et où de nombreux interrogatoires portaient surtout sur ce vice, c'est qu'il se proposait de précipiter encore plus profondément dans le crime l'abbé déchu et de s'emparer ensuite sans peine du monastère. 11 ne paraît guère possible qu'un secret comme celui du mariage de l'abbé eût pu rester bien longtemps caché. — Toute cette histoire a l'air d'une pure fable. \\ en ressort pourtant ceci : c'est qu'Ap Rice savait parfaitement les désirs et intentions de Crumwell, puisqu'il ajoutait : « Vous pouvez, si vous le voulez, vous faire bientôt abandonner la maison. »
Le Dr London, le dernier des quatre principaux
1. Rec. Office. Corresp. de Crumwell, XXXVII, 36. Cf. la lettre de Legh et de Petre à Crumwell, dans Wright, p. 250.