Wright, p
son neveu d'user de violence, en paroles ou en action, contre le pape. Il est très possible que l'intervention du père dans cette affaire,, dont Crumwell eut sûrement connaissance par l'interrogatoire et l'aveu du jeune homme, ait procuré au ministre l'occasion de mettre London à sa discrétion. C'est probablement cette circonstance qui fournit à Crumwell un instrument docile pour l'œuvre de suppression qu'il projetait. Voici comment les choses se passèrent, s'il faut en croire le récit de « la confession d'Edward, neveu du Dr London ». Ce jeune homme pensait que la suprématie du pape ne devait pas être maintenue. Pour un motif quelconque, ses papiers furent saisis et remis à son oncle. London l'envoya chercher un matin de bonne heure et l'entretint sur ses opinions. « Edouard, lui dit-il, vous êtes mon neveu. Je ne vous ai mandé que pour vous donner conseil, afin que, si Dieu vous a enrichi de sa grâce, vous retourniez à cette grâce de nouveau. » Il le chargea ensuite d'avoir écrit contre l'évêque de Rome et obtint que l'évêque de Winchester essayât, par le raisonnement, de le faire renoncer à ses opinions. Ce dernier, suivant la Confession, argua que « leurs ancêtres n'avaient pu errer pendant tant de siècles, et que ce monde ne pourrait plus subsister longtemps »; que le roi, il est vrai, « avait maintenant conçu quelque dépit contre l'évêque de Rome parce qu'il n'avait point voulu consentir à son nouveau mariage », mais que cela ne durerait pas, « et j'espère, ajouta-t-il, que le roi revêtira lui-même son armure pour combattre les hérétiques tels que toi (1) ». Par la confession de son neveu, le Dr Lon-
1. « Calendar », VIII, n° 146. Cette « confession » eut lieu apparemment vers 1534, précisément lors de la rupture définitive avec le pape, et nous Henri vin. — I. 28
don était clairement impliqué dans l'opposition au roi, alors en lutte avec le pape, etCrumwell le tenait ainsi entièrement en son pouvoir.
Dans l'œuvre de dévastation, London fut certainement le plus terrible des spoliateurs. 11 écrit, par exemple, qu'il a abattu la statue en argent de Notre- Dame de Caversham et qu'il l'expédiera de Readingpar le prochain chaland. Il a dégradé la chapelle, et il est d'avis qu'on ferait bien d'enlever le plomb qui couvre le toit. Pour le logement du prêtre de l'abbaye de Noteley, qui desservait ce lieu de pèlerinage, il l'a gardé intact, « avec son grand jardin et verger », parce que, dit-il à Crumwell, « cela pourra servir à quelqu'un de vos amis » (1). Dans les maisons des frères (2), à Reading, les gens du peuple devancèrent quelque peu l'œuvre de destruction de London, à son grand ennui, car ils s'offrirent « jusqu'aux battants des cloches ». Mais il ne s'arrêta pas pour si peu. Quelques semaines plus tard, il informe ainsi son maître de ses exploits : « Je n'ai fait que dégrader l'église (de Reading), toutes les fenêtres étant pleines de frères; mais j'ai laissé intacts les murs et le toit, pour l'usage du roi. J'ai vendu les ornements et les cellules de leur dortoir (3). » La maison des Dominicains, dans cette même ville, subit une destruction à peu près aussi barbare. « J'ai défiguré, écrit-il, la partie antérieure de l'église, qui était entièrement ornée de dominicains,
savons que Gariiner, l'évêque de Winchester, courut le danger, au mois d'avril de cette an:iée, d'être envoyé à la Tour (Galendar, VII, 522). Un même danger dut probablement menacer le Dr London. i. Wright, p. 222.