‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 29 sur 288 · Dufc'dale, Le « Warwickshire », par Thomas, I, p · texte numérisé non relu

Dufc'dale, Le « Warwickshire », par Thomas, I, p

nouvelle mainmise et saisit certains de leurs revenus pour l'entretien de la maison royale. Le Parlement de 1402 avait décrété que tous ces prieurés seraient à! nouveau supprimés, et le conseil privé avait débattu la question de savoir quels en étaient les fondateurs.

L'archevêque de Cantorbéry s'opposa à une pareille mesure, et il « accusa ses adversaires », écrit le [doyen Hook (réduisant au silence, par cette accusation, le parti hostile à l'Église actuel) « d'avoir distrait à leur profit les revenus des moines étrangers, que devait recueillir la bourse publique... Et ainsi, dit-il, si le roi se conformait maintenant à votre projet, il ne pourrait s'enrichir d'un seul liard en l'espace d'une année. »

Le fait est qu'à cette époque les effets de l'agitation antiecclésiastique provoquée par les partisans de Wickliffe commençaient à se faire sentir. La hardiesse avec laquelle ses « prêtres pauvres » s'emportaient contre les fautes réelles ou supposées des supérieurs spirituels et les richesses excessives que détenait l'Église, leur avait acquis de très nombreux sectateurs parmi les laïques. Ces derniers, sous le nom de « loilards », prirent avant tout pour objectif de leurs violentes réclamations les biens de l'Église en général. Dans les divers Parlements du règne d'Henri IV, l'Église dut aux lollards plusieurs lois peu favorables à ses intérêts, et leurs auteurs demandèrent même des mesures plus radicales que celles qui furent votées.

En 1405, lorsque le roi exposa quels étaient ses besoins à l'assemblée connue sous le nom de « Parlement ignorant », le président lui donna à entendre qu'il pouvait remplir ses coffres vides en s octroyant les biens des gens d'Eglise, qui possédaient, dit-il, un

tiers du pays (1). L'effet de cette proposition plus que révolutionnaire fut détruit par la conduite de Thomas Arundel, l'archevêque de Cantorbéry, qui, après s'être élevé vigoureusement dans l'assemblée contre cette instigation, tomba aux genoux d'Henri et le sup plia de ne pas prêter l'oreille à de semblables conseils. Le roi déclara que rien ne pourrait l'engager à toucher à des biens qui avaient été consacrés à une destination pieuse. Alors, se tournant vers les Communes, l'archevêque parla ainsi : « Vous et vos pareils avez recommandé à notre maître le roi et à ses prédécesseurs de confisquer les possessions et les terres des prieurés étrangers et autres maisons religieuses, sous prétexte qu'il acquerrait ainsi de grandes richesses, car elles valaient en vérité bien des milliers de livres; mais, de même que vous l'avez sollicité de vous octroyer les terres ainsi confisquées, ainsi vous comptez encore maintenant continuer à vous enrichir (2). »

Quoique le projet de loi eût été repoussé, d'autres propositions desemblable nature furent présentées sous ce règne. En 1408, Henri, sur l'avis de son conseil, s'empara, pour subvenir aux dépenses de sa maison, de tous les revenus des prieurés étrangers et de ceux de tous les évêchés et monastères vacants (3). « A en juger d'après les attaques dont ils furent l'objet, écrit le savant Tanner, sous les règnes d'Henri IV et d'Henri Y, il est évident que les revenus de ces maisons étaient enviés et regardés comme trop considéra-

1. Spelman (« History of Sacrilège », p. 200, éd. de 1853) donne l'évaluation des terres appartenant à l'Église sous le règne d'Edouard 1er. L'Angleterre était partagée alors en 67.000 fiefs de chevaliers, dont 28.000 étaient aux mains des ecclésiastiques.

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