Monasticon », VI, p
l'abbé, à qui ils apportaient des présents et des lettres spéciales. Henri ne les reçut pas personnellement, mais ils expliquèrent l'objet de leur mission dans une conférence qu'ils eurent avec les conseillers royaux dans l'église de l'abbaye. Us venaient demander au roi de vouloir bien restituer à leur ordre les rentes et revenus qui lui avaient été payés pendant nombre de siècles, mais dont il était privé depuis quelques années. Us désiraient encore avoir libre accès dans les maisons qui leur appartenaient en Angleterre et pouvoir les diriger à leur gré. Ces privilèges, en effet, leur étaient refusés depuis quelque temps, et les délégués se plaignirent de ce que l'abbaye de Cluny se vît enlever l'obédience de trente-huit maisons en ce pays. On pria la députation de s'en retourner à Londres et d'y attendre une réponse ; mais elle dut finalement repartir en France sans avoir obtenu satisfaction (1).
Un autre exemple de protestation des monastères étrangers est celui de Saint-Evroul, en 1416. L'abbé et les moines de cette abbaye bénédictine firent un chaleureux appel aux Chartreux de Shene pour qu'ils restituassent les biens dont Henri V avait gratifié la Chartreuse, et qui leur avaient appartenu à eux-mêmes pendant de nombreuses générations. De fait, comme ils le disaient dans leur lettre, leurs possessions d'Angleterre avaient été leur principale source de revenus, car ils en recevaient 2.000 livres sterling par an. Par suite des guerres si fréquentes alors, ils n'en retiraient plus aucun bénéfice depuis quelque temps ; aussi le nombre des moines de chœur était-il tombé de iO à moins de 20. Ils invoquaient la justice