Ibid., II, no
présent, suspendus, et que le rôle de Campeggio se bornerait à accomplir la mission spéciale pour laquelle il avait été désigné. La seconde condition, imposée par Wolsey lui-même, est plus surprenante encore: le pape devrait simplement associer Wolsey à la mission de Campeggio et lui conférer des pouvoirs équivalents. La dépêche déclarait ensuite qu'à moins que ces conditions ne fussent acceptées, « le roi ne laisserait pas Compeggio entrer en Angleterre » (1).
Léon X, devant les menaces non déguisées d'Henri et de Wolsey, céda. Le M mai 1518, ce dernier fut nommé légat au même titre que Campeggio. En très peu de temps, Wolsey trouva moyen de prendre le premier rôle et de rejeter au second plan le cardinal italien (2). Celui-ci n'arriva en Angleterre qu'après de longs délais provoqués à dessein par le roi et son ministre. On lui fit sentir immédiatement sa situation de subordonné, car Henri et le cardinal anglais étaient seuls à diriger les affaires, et ils ne cachaient pas leur désir de se débarrasser de l'importun visiteur étranger.
La diplomatie ou les menaces de Wolsey — probablement les deux — comptèrent bientôt un nouveau triomphe. Il obtint non seulement le titre et les pouvoirs de légat, mais les pouvoirs extraordinaires d'inspection qu'il avait jadis demandés sans succès. Le 27 août 1518, Silvester deGigliis écrivait de Rome qu'il avait mis toute son activité à obtenir du pape la déposition du cardinal Hadrian de Castello du siège de Bath et Wells, et qu'il avait assuré à son maître la garde de ce diocèse. Et de fait, Campeggio ne put entrer en Angleterre