‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 42 sur 288 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

avant que Léon X eut cédé aux instigations de l'agent anglais. La déposition fut obtenue, semble-t-il, grâce au désir du pape de voir réussir la mission de son légat. De Gigliis informa aussi Wolsey qu'il lui avait procuré une bulle l'autorisant à visiter les monastères et rédigée dans le même esprit « que celle accordée à l'évêque de Luxembourg pour la France ». Il ajoutait qu'il avait souvent été frappé de la nécessité de réformer les monastères, et surtout les couvents de femmes ; mais il croyait que le cardinal « verrait s'élever des: plaintes dans son diocèse à lui » (1).

Jamais encore en Angleterre, ni peut-être dans toute la chrétienté, un seul individu n'avait été investi d'une semblable puissance. Les hautes fonctions de chancelier et l'ascendant que possédait Wolsey sur son royal maître lui donnaient un empire absolu sur tout le domaine séculier. Ses prérogatives de légat, outre les pouvoirs d'inspection qu'il avait arrachés au pape, le rendaient non moins souverain en matière spirituelle. La main d'un seul homme maniait les deux glaives de l'Église et de l'État. Une seule intelligence dirigeait les affaires séculières et ecclésiastiques en Angleterre. Même si cet homme avait été un saint, le danger d'un tel cumul eût été considérable : avec un ambitieux et un mondain comme Wolsey, il devint fatal. L'immense puissance qu'il avait acquise ne faisait qu'exciter en lui de plus vastes convoitises. Pour la première fois, le peuple anglais vit un seul individu exercer l'autorité suprême au temporel et au spirituel. C'était là un précédent malheureux. Aux yeux de la masse, peu importait que cet individu fût unecclésias-

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