‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 60 sur 288 · Wright, « Suppression of Monasleries », p · texte numérisé non relu

Wright, « Suppression of Monasleries », p

remontrance n'eut aucun effet et Romburgh fut annexé au collège d'Ipswich.

Les autorisations qu'obtint ainsi Wolsey d'aliéner les biens monastiques ne servirent qu'à accroître sa soif de dissolutions nouvelles. En octobre 1528, les agents du cardinal continuaient toujours à harceler et à essayer d'intimider Clément Vil sur le chapitre du divorce. Tour à tour, ils le menaçaient, l'exhortaient et l'imploraient, afin de l'amener à se prêter à la volonté royale d'Henri VIII, et même, au besoin, à lui permettre d'avoir deux épouses à la fois (1). C'est également vers cette époque que Wolsey enjoignit à ses agents d'entamer de nouvelles négociations au sujet des biens monastiques. Ils présentèrent donc, en faveur du roi, une pétition réclamant l'abandon de certaines maisons religieuses, dont les revenus serviraient à entretenir le collège de Windsor et le « King's Collège » à Cambridge. Les agents représentèrent ces deux derniers établissements comme ayant été fondés par les grands-parents du roi d'Angleterre, pour faire l'éducation des fonctionnaires de la cour et pour subvenir à leurs besoins dans la vieillesse. On informa le pape qu'ils étaient alors réduits à la misère, et qu'Henri ne pouvait achever son œuvre, faute de ressources. Clément VII ne demandait pas mieux, dans la période critique qu'il traversait, que de se plier aux fantaisies du roi d'Angleterre, chaque fois que faire se pouvait. Ainsi, « parce que Henri a combattu l'hérésie pour le Saint-Siège, » le pape lui accorde la permission de supprimer des monastères jusqu'à concurrence de 8.000 ducats, pourvu qu'ils ne

1. « Calendar », IV, 4897, Voy. Lewis, « Sanders », Introd., p. CXXVI, etc.

contiennent pas six religieux et que ceux-ci soient placés dans d'autres maisons cloîtrées (1).

Vers cette même date, le roi et le cardinal dirent à leur agent Casali de suggérer un projet de suppression en bloc, en vue d'établir plus de cathédrales en Angleterre avec les fonds ainsi obtenus. La question fut agitée dans le consistoire et, s'il faut en croire Casali, tous ceux qui étaient présents semblaient disposés à accéder au désir du roi. « Mais comme c'était, écrit-il, une chose de la plus haute importance, il fallait, avant de l'accorder, plus de garanties qu'on n'en avait alors. On pourrait solliciter pour les légats le pouvoir de décider quels sont les monastères qu'il convient d'ériger en cathédrales, d'en répartir les revenus, etc., puis le tout sera soumis au pape pour être ratifié. Les cardinaux Sanctorum Quatuor et de Monte conseillent cette façon de procéder, car ils croient l'affaire assez importante pour qu'elle puisse n'être définitivement réglée qu'en plein consistoire, et en la présence du pape, de peur que l'on attribue aux légats des motifs d'intérêt privé. » 11 conclut en demandant à être informé exactement de ce que le roi. désire (2).

En même temps que cette lettre au roi, l'agent en envoie une autre au cardinal. Il dit à son maître qu'il a « prouvé à Sa Sainteté la pureté de ses intentions envers l'Église ». Il a aussi indiqué la nécessité de réformer les monastères anglais, et montré « combien était favorable le temps actuel, alors qu'un légat se trouvait en Angleterre » ; de sorte que Wolsey ne put

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