‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 66 sur 288 · Rymer, XIV, p · texte numérisé non relu

Rymer, XIV, p

vertu de son pouvoir de créer abbés et prieurs qu'en vertu de son autorité de légat, et qui continue à grever annuellement ces maisons de charges si lourdes, qu'elles ne sont plus en état d'observer l'hospitalité comme elles avaient accoutumé de le faire : d'où vient assurément le grand nombre des vagabonds, mendiants et voleurs. »

Le quatorzième article accuse le cardinal d'avoir élevé le loyer des terres qu'il s'était appropriées au moyen des dissolutions de monastères, en sorte qu'une exploitation profitable était rendue impossible.

Le dix-neuvième dit : « De plus, ledit lord cardinal n'a pas seulement, par de fausses insinuations faites au pape, honteusement calomnié de nombreuses maisons religieuses et les hommes bons et vertueux qui les habitaient, mais il a supprimé, sous ce prétexte, plus de trente monastères. Et alors que, en vertu de la bulle à lui accordée, il ne devait pas supprimer de maison ayant plus de six ou sept religieux, il en a supprimé plusieurs ayant plus que ce nombre ; puis, il a fait déclarer faussement que les religieux ainsi dissous avaient volontairement abandonné lesdites maisons, ce qui n'était pas vrai; et ainsi il a été cause qu'un parjure manifeste a été commis, au grand déplaisir de Dieu Tout-Puissant. »

Le vingt-quatrième dit : « De plus, le même lord cardinal, plusieurs fois, quand des maisons religieuses étaient privées de supérieurs, y a envoyé ses officiers pour engager les moines, en employant d'astucieux moyens de persuasion, à porter leur vote sur lui, et ayant qu'il n'eut fait aucune nomination ni confirmation, lui et ses serviteurs avaient reçu tant de richesses

des religieux que la maison en était pour ainsi dire ruinée. »

Enfin, le vingt-cinquième article dit : « De même, en vertu de son autorité de légat, ledit lord cardinal a visité la plupart des maisons religieuses et collèges de ce royaume, et il les a dépouillés de la vingt-cinquième partie de ce qui formait leur subsistance, à l'immense détriment de vos sujets et au mépris de vos lois et prérogatives, et aucune loi ne l'a autorisé à agir ainsi (1). »

« A ce moment, écrit lord Herbert, commença certainement la fantaisie de notre roi, qui prit goût à gouverner en maître le clergé, et il semble que cette idée, comme celle de la dissolution des monastères, ait été tirée des arguments du cardinal (2). » Il est difficile de lire l'histoire de la persécution et de l'arbitraire qu'inaugura Wolsey à l'égard des maisons religieuses, et l'histoire de ses procédés envers le pape, sans accepter intégralement l'opinion de lord Herbert.

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