‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 72 sur 288 · Galendar », VII, n · texte numérisé non relu

Galendar », VII, n

2. Il sera sans doute intéressant de citer le témoignage du savant Érasme sur les mérites de l'archevêque Warham ; on verra par là combien l'on pouvait

L'évêque déclarait, une fois de plus, qu'il avait tout lieu de croire cette femme « honnête, pieuse et digne de foi », puisque tant de personnes véridiques déposaient en faveur de « sa bonté et vertu » (1). Aux yeux de la plupart de nos contemporains, l'opinion que le savant, prudent et pieux évêque Fisher avait conçue de la « sainte fille du Kent » l'emportera fatalement de beaucoup sur celle de ses ennemis.

Vers le milieu de l'année 1533, il semble qu'Henri se soit arrangé avec Crumwell pour prendre certaines

et Ton peut encore s'en rapporter au jugement de ce dernier sur la Sainte Fille. « Ceci me rappelle un homme digne du souvenir de toute postérité, William Warham, archevêque de Cantorbéry, premier prélat d'Angleterre, non de titre uniquement, mais par sa science réelle en théologie. Il était docteur en droit canon et en droit civil; il s'était distingué dans plusieurs ambassades accomplies avec succès, et s'était acquis la faveur et l'estime d'Henri VII, prince du plus grand jugement. C'est par ces degrés qu'il s "éleva jusqu'à la plus haute dignité de l'Église de Cantorbéry, qui est la plus éminente dans cette île. A cette charge, excessivement lourde en soi, on en ajouta une autre plus lourde encore. Il dut accepter les fonctions de chan celier, lesquelles sont, chez les Anglais, vraiment royales, car on fait à ce dignitaire l'honneur de porter devant lui la couronne royale surmontée du sceptre, chaque fois qu'il paraît en public. Il est, pour ainsi parler, l'œil, la bouche et la main droite du roi, et le juge suprême de tout l'Emp're britannique. Warham s'acquitta de ces fonctions, pendant de nombreuses années avec tant d'habileté qu'on aurait dit qu'il était né pour cet emploi et n'en avait point d'autre. Mais, en même temps, il veillait si attentivement à toutes les choses qui touchaient à la religion ou à ses fonctions ecclésiastiques, qu'on eût dit qu'il n'avait pas d'occupations étrangères. Il trouvait assez de temps pour accomplir avec piété le solennel devoir de la prière, dire la messe presque tous le9 jours, assister en outre à deux ou trois offices, entendre des causes, recevoir des ambassades, informer le roi de tout ce qui se produisait d'important à la cour, visiter ses églises dès que sa présence étail nécessaire, accueillir ses hôtes dont le nombre souvent se montait à deux cents. Pour des occupations si diverses une seule vie lui suffit, car il n'en consacra pas un instant a la chasse, ni aux dés, ni à de vains racontars, ni au luxe, ni au plaisir. Il remplaçait tous ces amusements par quelque agréable lecture ou par une conversation avec un homme instruit. (« L'Eccl'''sia-te » d'Érasme. — Note de la p. 177 de l'ouvrage intitulé « Pèlerinages à Wals'mgham et à Cantorbéry », édition J. Gough Nichols, membre de l'Académie des Beaux- Arts, 1875.)

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