‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 77 sur 288 · Wright, « Supp. des monastères », Camden Society, p · texte numérisé non relu

Wright, « Supp. des monastères », Camden Society, p

jamais dit en sa présence au sujet du mariage de ce dernier, c'était « que, s'il avait lieu, il serait cause, pensait-elle, de grands ennuis ». L'anachorète terminait en exprimant un vœu qui dut provoquer un sourire sur les lèvres de Crurmvell, quand il lui cette déposition. Le vœu du digne homme était double. 11 souhaitait que « cette affaire fût traitée avec douceur, car ce serait probablement le plus grand scandale de l'Église », et puis, qu'on ne le dérangeât pas de nouveau, ajoutant ceci: « Tout cela trouble beaucoup la contemplation que je dois consacrer à Dieu Tout- Puissant (1). » Crumwell n'était pas homme à traiter une affaire « avec douceur » quand son intérêt ne le commandait pas ainsi, et il se souciait certainement fort peu de savoir si les contemplations d'un anachorète en étaient « troublées ».

Il est évident qu'on tentait, dès ce moment, tous les efforts pour impliquer la « Sainte Fille du Kent » et ses compagnons, ainsi que de nombreuses personnes de rang et de position sociale plus élevée, dans un complot contre l'État. Si Ton se rappelle la lettre de Crumwell à Fisher, déjà citée, et l'insistance pressante qu'il mit à le persuader d'implorer le pardon du roi pour « toute cause de déplaisir antérieure », on ne peut s'empêcher de croire que le procès intenté à la religieuse avait pour but, soit de réduire à la soumission, par la peur, les partisans résolus de Catherine, soit de les entraîner dans une perte commune à titre de conspirateurs. La reine détrônée et sa fille Marie refusèrent énergiquement de reconnaître, par aucun de leurs actes, l;i justice de la conduite du roi à leur égard ou la légitimité de la sentence de divorce pro-

i. « Calendar » VI. n° 1336.

noncée par Cranmer. La cause de cette fermeté vigoureuse fut attribuée aux insinuations et conseils secrets d'Elisabeth Barton et de ses compagnons . Les registres ( 1 ) de Crumwell, à cette date, fourmillent de notes relatives aux faits et gestes, réels ou imaginaires, des prétendus conspirateurs. Le roi se plaignit aussi à l'ambassadeur de France de ce que Catherine et sa fille fussent poussées, par l'influence néfaste de la religieuse, à désobéir à tous ses désirs (2) . Cette insinuation était bien peu conforme à la vérité: nous l'apprenons par une lettre de Chapuys, écrite en novembre 1533: « Il a récemment, dit l'ambassadeur de l'Empire en parlant du roi, jeté en prison une nonne qui avait toujours vécu jusqu'ici en femme bonne, simple et sainte, et qui avait de nombreuses révélations. La cause de son emprisonnement fut qu'elle avait appris, par révélation, que ce roi-ci non seulement perdrait bientôt son royaume, mais qu'il serait damné, et elle avait vu la place qui lui était préparée en enfer. Beaucoup de gens ont été arrêtés, comme soupçonnés de l'avoir encouragée à de telles prophéties pour exciter le peuple à la révolte. Dieu, semblerait-il, inspire à la reine de se bien conduire en toute occasion et d'éviter tous désagréments et soupçons, car la nonne avait plusieurs fois insisté pour lui parler et la consoler dans sa grande affliction, mais la reine ne l'a jamais voulu voir. Cependant le Conseil ne cesse de faire des enquêtes continuelles, pour découvrir si la reine a communiqué avec la nonne de façon quelconque. Elle n'a aucune crainte pour elle-même ; mais elle craint pour le marquis et la marquise d'Exeter et pour

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