Ibid., VI, n
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crimes et superstitions de la nonne et de ses partisans; et, à la fin de cette longue consultation, que le monde croyait consacrée à des questions plus importantes, le chancelier, dans une audience publique où se trouvaient des gens venus de tous les comtés du royaume, prononça un discours pour démontrer que tous les habitants de ce royaume devaient reconnaissance à Dieu pour avoir, en sa divine bonté, produit au jour les fourberies maudites et la perversité de ladite nonne et de ses complices. » L'ambassadeur rapporte ensuite que le chancelier proclama le mariage du roi et d'Anne Boleyn valide et légitime, et « la sentence prononcée, dit-on, par lepape contre le roi », nulle et non avenue, « parce que Sa Sainteté avait été poussée à ce faire par des moyens condamnables, et notamment par les intrigues diaboliques de la susdite nonne, qui lui avait écrit mille motifs de persuasion, qu'elle fondait sur l'esprit de prophétie et sur une révélation divine, pour le cas où le pape ne voudrait point prononcer la condamnation ».
« Jusqu'à ce moment, personne n'avait osé dire un mot ou faire le moindre signe d'approbation ou de désapprobation. Mais quand le chancelier en vint à déclarer que la religieuse et ses complices, voulant, dans leur exécrable méchanceté, exciter le peuple à la révolte, avaient fait courir le bruit et avaient écrit qu'elle avait appris, par la révélation divine, que le roi serait bientôt chassé de son royaume par ses propres sujets, quelques-uns d'entre les assistants commencèrent de murmurer et crièrent qu'elle méritait le feu. La susdite religieuse, qui était présente, avait tant de fermeté qu'elle ne montra nulle crainte et nulle surprise, mais déclara clairement et ouvertement que les
paroles du chancelier étaient conformes à la vérité. » « Beaucoup sont persuadés que ceux qui ont ladite nonne en leur pouvoir lui feront accuser injustement quantité de personnes, afin d'exercer leur vengeance sur le parti de la reine et de leur extorquer de l'argent, chose de ce monde à laquelle le roi songe le plus. Ladite nonne a été sous la garde presque exclusive de Crumwell ou de ses gens, et elle est toujours traitée en grande dame [« grosse dame »,] ce qui tend fortement à confirmer le soupçon exprimé plus haut (1). » « La principale difficulté reste encore, car le roi insiste à plus non pouvoir pour que lesdits complices de la nonne soient déclarés hérétiques pour avoir cru en elle, et aussi, coupahles de haute trahison pour navoir pas révélé ce qui concernait le roi. En conséquence, leurs biens devraient être confisqués. A cela les juges, pendant ces trois derniers jours, n'ont pas voulu consentir, estimant que la sentence serait sans la moindre apparence de raison, môme sur le second point, puisque la nonne en avait informé le roi en personne il y a un an. 11 est à craindre, toutefois, qu'ils feront ce que le roi désire, comme ils firent quand ils condamnèrent le cardinal pour avoir obtenu les droits de légat (2). »
La discussion dont il est ici question fut remise à quelques jours. Entre temps, on fut témoin, a Lon-
1. Le terme de « grosse dame » n'est pas compris ainsi par l'éditeur du « Calendar ». Il serait plutôt pris dans le sens de « grande dame » que dans celui de « dame stupide ». Crumwell pouvait espérer, en la traitant avec égards, obtenir qu'elle « accusât injustement quantité de personnes », alors que les accusations d'une « sotte * n'eussent guère profité à ses desseins. Si telle fut son intention, elle fut déjouée par la fermeté de la religieuse, qui ne porta aucune accusation. — P. de Gayangos traduit L'expression par les mots de « dame de haute naissance » (Papiers d'État espagnols, IV, n° 1153).