‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 8 sur 288 · T. J. Baigent · texte numérisé non relu

T. J. Baigent

survivant, et dans les autres maisons religieuses du diocèse, qui ne comprend que deux comtés, il ne mourut pas moins de 28 supérieurs — abbés, abbesses et prieurs — et près de 350 curés et vicaires des différentes églises de paroisse. »

Stowe raconte qu'il existait de son temps, à la Chartreuse de Londres, une tablette commémorative destinée à rappeler que dans la crypte et le cimetière adjacent, 50.000 corps avaient été ensevelis en une seule année. Depuis la Chandeleur jusqu'à Pâques, il y eut, dit-on, 200 enterrements chaque jour. En un an, trois archevêques de Cantorbéry furent intronisés et mis au tombeau. A Croxton, abbaye du Lincolnshire, tous les moines, excepté l'abbé et le prieur, furent enlevés par la maladie. A l'abbaye de Westminster, les corps de l'abbé et de 26 membres de sa communauté furent confiés à une tombe commune dans le cloître du Sud. Enfin, pour ne plus citer qu'un exemple, à l'abbaye de Meaux, sur 50 moines et 10 novices, 40 moines et tous les novices moururent (1).

Les effets de cette dépopulation immense se firent sentir pendant de nombreuses générations. Si l'on s'en rapporte à la Chronique de Knighton (2), il y avait partout une telle détresse et un tel « relâchement des liens delà société » que « seule, dit Mason (3), la description des tremblements de terre de l'Amérique du Sud nous en fournit l'équivalent ». Des villages entiers disparurent ; les villes se rétrécirent entre leurs murailles, et les maisons, n'étant plus occupées, tombèrent en ruines. La population des campagnes

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