Ibid., n
3. Ibid., n° 239.11 est inutile de défendre ces paroles de la religieuse ; mais il n'est pas mauvais de noter, comme simple coïncidence, que la prédiction se vérifia de jure. En avril 1533, Anne Boleyn était proclamée rekie. En mai, Cranmer prononçait une sentence de divorce. En juillet, le pape annulait cette sentence et excommuniait Henri et Anne, au cas où ils ne se sépareraient point avant septembre (la date fut ensuite reculée jusqu'au mois d'octobre). Henri ne tint nul cas de l'avertissement : il fut, ipso facto, excommunié en octobre, juste sept mois après qu'Anne Boleyn eut été proclamée reine. Or, de par les lois de la chrétienté, qui étaient alors en vigueur en Angleterre, et auxquelles le père d'Henri VIII devait d'avoir été assis sur
Quant à insinuer que la religieuse ou ses partisans avaient voulu venir en aide à la Providence par l'emploi de la force ou l'excitation du peuple à la révolte, personne n'y songeait. Sur ce point encore, les déclarations de l'évêque de Rochester sont très précises. « Je ne compris point par ces paroles, écrit-il à Henri, je l'affirme sur mon âme, qu'aucun homme mortel voulût aucun dommage ou mal à Votre Majesté, mais seulement qu'elle proclamait alors les menaces de Dieu(l). » 11 revient encore là-dessus dans ses déclarations au parlement : — « et, comme j'en répondrai devant le trône du Christ, je n'appris jamais qu'elle, ou aucun être humain, méditât de faire dommage ou mal à Sa Majesté le Roi, et le sens de ses paroles ne comportait point que pareille chose fût méditée par aucune puissance temporelle ou terrestre, mais seulement par la puissance de Dieu, de qui, me dit-elle alors, lui venait cette révélation relative au roi (2). »
Le vénérable évêque fut compris avec d'autres dans l'acte d' « attainder » pour avoir caché au roi la prophétie de la religieuse. Suivant les plans de Crumwell, qu'il avait dressés avant la rentrée du parlement, les personnes incriminées devaient, de ce chef, « être condamnées pour haute trahison, jetées en prison selon le bon plaisir du roi et perdre tous leurs biens (3). » N'oublions pas surtout que la religieuse elle-même, et on le savait parfaitement, avait avisé le roi de tout ce qui le concernait. Fisher ajoutait, dana sa lettre à Henri : « Si elle m'avait fail part de cette
son trône, toute personne excommuniée perd.iit ses droits civils. (Horgenrœther. t. II, p. 387.1 Cf. « Dublin Keview », avril 1877.