‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 87 sur 288 · Calendar », VI, n · texte numérisé non relu

Calendar », VI, n

femme, aidée du mauvais esprit qui l'inspirait, se comporta de telle manière qu'après sa confession de Saint-Paul's Cross, quand je mandai par mon serviteur au procureur de la Chartreuse qu'on avait dévoilé de façon manifeste sa fausseté et sa fourberie hypocrite, le digne homme avait si bonne opinion d'elle depuis si longtemps, qu'il put, tout d'abord, à peine me croire. Quoi qu'il en soit, il n'était pas seul à la penser si grandement vertueuse, mais plus d'un fort honnête homme faisait de même, ce qui était peu étonnant, vu les bruits favorables qui couraient sur son compte (1). »

Le lendemain du jour de pénitence publique imposée à la religieuse et à ses compagnons, Chapuys parle encore des difficultés que rencontrent le roi et Crumwell à obtenir une condamnation pour haute trahison. « Le roi, écrit-il à son maître, n'a pas encore pu amener les juges à se prononcer contre ceux qui ont, de concert avec la susdite nonne, comploté contre lui de la façon que je vous indiquais dans ma dernière lettre. Il va débattre cette question avec eux vendredi (28 novembre 1533), et quoique plusieurs des juges principaux aimeraient mieux mourir que de prononcer ladite déclaration, cependant, quand le roi se mêlera à la discussion, personne n'osera le contredire,

1. « Calendar », VII, n° 287. Richard Mcrison, en 1537, s'exprime ainsi sur le prix qu'il faut attacher à l'opinion de Fisher et de More et à leur foi en Elisabeth Barton : « Thomas Morus et Joannes Roffensis, quoniam saepius illam adierunt, omnique honore dignabantur, paucissimi erant qui poterant, in animum inducere, non ope Numinis geri quœcumque illic gerebantur Roffensis enim sanctior putabatur, quam ut a sanctimonia hypocrisin, a virtutibus vitia, discernere non posset. Morus ingeniosior habitus est quam ut monacha illi os oblinere posset. » — « Apomaxis calumniarum », f. 74. — Le même auteur dit aussi que Silvester Daruis, envoyé par le Pape Clément VII, fut si frappé de la sainteté de la religieuse qu'il se baissa en terre et « lui embrassa respectueusement les pieds », f. 74, d.

de crainte de passer pour un être stupide ou pour un traître. De sorte que, semble-t-il, il est entièrement divorcé, non seulement d'avec son épouse, mais d'avec la bonne conscience, humanité et douceur qu'il avait jadis (1). »

Le jugement, néanmoins, se termina sans qu'une sentence fût rendue. Devant la résistance qu'opposèrent les juges aux mesures conseillées par Crumwell, il est probable qu'on dut croire plus prudent de procéder par une méthode moins hasardeuse : celle de proposer un « bill d'attainder » au vote du Parlement. A un certain moment, vers les premiers jours de janvier 1534, il semble qu'on ait songé à tenter la fortune d'un nouveau jugement. Crumwell écrit dans ses notes: « Faire dresser des actes d'accusation pour haute trahison contre ceux qui sont mêlés à l'affaire de la nonne de Cantorbéry (2). » Peu après, cependant, il abandonne ce plan et note qu'il doit se tenir au courant « de ce qu'a fait le roi » sur ce point. En dernier lieu, l'on convint de présenter au vote du parlement un « bill d'attainder », et pour Crumwell ceci équivalait déjà à une condamnation à mort. Aussi note-t-il que « Elisabeth Barton, nonne, Edward Bocking, John Dering, Richard M asters, Henry Gold, Hugh Ricli et Richard Risby seront condamnés pour félonie et exécutés » (3).

Bien des détails nous révèlent que, si l'on connaissait l'existence du bill et la teneur générale de ses articles, les noms des gens incriminés et mis en cause furent cachés à dessein. « 11 s'ensuivit, dit un histo-

i. « Calen'lar », VI, n° 1160, 24 novembre.

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