Ibid., n
payer 300 livres (1) pour avoir été mêlé à l'affaire.
Le samedi 21 février 1534, le bill d'attainder « concernant le digne châtiment d'Elisabeth Barton, la nonne hypocrite, communément appelée la Sainte Fille du Kent », fut présenté à la Chambre des lords et lu pour la première fois. A cette séance, ainsi qu'aux suivantes, jusqu'au moment où le bill fut adopté, les lords laïques dépassaient de beaucoup en nombre les lords ecclésiastiques. On prit toutes les mesures voulues entre la date de la motion première et le 18 mars, époque où le bill fut lu pour la quatrième fois et accepté par la Chambre. Les accusés, selon toute apparence, avaient été condamnés sans qu'on les eût entendus, puisque le 16 mars, lors de la troisième lecture du bill d'attainder, les lords « jugèrent convenable de demander s'il serait conforme aux désirs du roi [cum regio animo quadrare posset) que sir Thomas More et les autres nommés dans le susdit bill (excepté l'évêque de Rochester, alors très malade, dont la réponse était connue par ses lettres) fussent convoqués devant les lords de la Chambre Etoilée pour présenter leur justification ».
On a prétendu que les personnes incriminées « ne purent pas réfuter un seul article de l'acte ». Rien n'autorise pareille affirmation. Il est fort difficile de dire ce qu'elles eussent fait si elles avaient eu les mains libres. « Elles furent toutes accusées de haute trahison et condamnées sans qu'on leur permît de se défendre, » comme le dit un vieil auteur (2). Et ici l'histoire prouve que l'auteur a raison. On prétend
1. « Lesquelles 300 livres formaient les revenus de son éyôché pendant toute une année. » Brit. Muséum, Arundel Manuscript, 152, f. 49.