‹ HenriadeChapitre 15 sur 69 · Chapitre T · texte numérisé non relu

Chapitre T

tatif n'est autre chose qu'une déclamation notée ; que le caractère des deux langues est très-différent; que ni l'accent , ni le ton ne sent les mêmes ; que cette différence est sensible dans la conversation , plus encore sur le théâtre tragique , et doit par conséquent l'être beaucoup dans la musique. Nous suivons à-peu- près les règles d'architecture de Vi.truve ; cependant les maisons bâties en Italie par Palladio , et en France par nos architectes , ne ressemblent pas plus à celle de Pline et de Ciceron , que nos habillemens ressemblent aux leurs.

Mais pour revenir à des exemples qui aient plus de rapport à notre sujet : Qu'était la tragédie chez les Grecs l Un chœur nui demeurait presque toujours sur le théâtre ; point de division d'actes ; trèspeu d'action , encore moins d'intrigue. Chez les Français , c'est pour l'ordinaire une suite de conversations en cinq actes , avec ive intrigue amoureuse. En Angleterre , la tiédie est véritablement une action ; et si les auteursdece pavs joignaient à l'activité qui anime leurs pièces , un style naturel avec de la décence et de la régularité, ils l'emporteraient bientôt sur les Grecs et sur les Français.

Qu'on examine tous les autres arts , il n'y en a aucun qui ne reçoive das tours particuliers cîu ffénia différent des nations qui les cultivent.

Quelle sera donc l'idée que nous devons nous former de la poésie épique ? Le mot Epique vient du mot Grec JiVfl,- , qui signifie Discours : l'usaga a attaché ce nom particulièrement à des récits en vers d'aventures héroïques , comme le met tiOratio chez les Romains , qui d'aiord signifiait aussi Dis*

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