Chapitre IF. 3o
Et chacun porte en soi ce conseil salutaire , Si le charme des sens ne le force à se taire. Pensez-vous qu'a ce Temple un Dieu soit limité ? Qu'il ait , dans ces déserts caché la vérité ! Faut-il d'autre séjour à ce Monarque auguste , Que les cieux , que la terre et que le cœur du juste ? C'est lui qui nous soutient , c'est lui qui nous conduit ; C'est sa main qui nous guide et son feu qui nous luit. Tout ce que noue voyons est cet être suprême , etc.
C'est bien assez, Romains, de ces vives leçons, Qu'il grave dans notre ame au point que nous naissons* Si nous n'y gavons pas lire nos aventures, Percer avant le tems dans les choses futures , I-.oin d'appliquer en vain nos soins à le chercher , Ignorons sans douleur ce qu'il veut nous cacher.
Ce n'est donc point pour n'avoir pas fait usage du ministère des Dieux , mais pour avoir ignoré 1 art de bien conduire les affaires des hommes , que Lucain est inférieur à Virgile. Faut-il qu'après avoir peint César , Pompée , Caton avec des traits si forts, il soit faible quand il les fait agir l Ce n'est presque plus qu'une gazette pleine de déclamations ; il me semble que je vois un portique hardi et immense , qui me conduit à des ruines*
3o5 Essai sur la Poésie épique,