ACTE III
MADAME MARÉCHAL
Tiens, vous êtes seul?... Vous allez prendre le thé avec nous, (avec intention) avec mon mari... Vous l’avez
rencontré ? (Elle va s’asseoir sur une chaise à gauche.) Il ne part
que demain pour Paris. . . Où est donc votre frère ?
PIERRE
Mon frère? Il revient seulement de la pêche... Il soupe maintenant.
MADAME MARÉCHAL
Et qu’est-ce que vous devenez?
PIERRE
Mon Dieu ! je mène la vie de tout le monde. . . (il r» 5 * 0
derrière la chaise de madame Maréchal et va h la cheminée.) Je prends
des bains, je bois, je mange... et je tâche de rendre aux autres le mal qu’ils peuvent dire de moi...
MADAME MARÉCHAL
Cela vous rend si méchant que cela, les bains de mer?
PIERRE
Mais c’est un effet général, madame... si vous croyez que je suis une exception... Mon Dieu! c’est tout naturel... De quoi voulez-vous qu’on s’occupe? De la mer? Mais on ne la regarde pas... J’étais l’autre jour avec une dame qui est ici depuis un mois ; tout à coup elle a dit : Ah! tiens, la mer!... Trouville? Mais vous savez ce que c’est : c’est Mabille pour les femmes mariées... et le café de la Garde nationale pour les maris..»