II
MADAME MARECHAL
Allons! voyons...
PIERRE
Mais positivement. A Paris, on a ses affaires, ses am • bitions, ses amis, ses plaisirs, ses distractions : ici, quand on s’est mouillé et essuyé, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse entre ses repas, pour tuer le temps? De l’observation, et je vous assure qu’on en fait! et que rien ne passe inaperçu... (Il passe ù gaucho do madame Maréchal.) Un salut, une robe nouvelle, une poignée de main, un tête-à-tête de deux minutes, une arrivée au chemin de fer, un sourire, une migraine, n’importe quoi... (il s’assied sur une chaise à côté de madame Maréchal.) Je vous réponds que tout cela est étudié, observé, noté, analysé, commenté... C’est-à-dire que je ne sais pas s’il se perd, l’hiver, sur toutes les côtes de France, autant de bateaux, qu’il se perd ioi l’été de réputations de femmes sur la plage !
MADAME MARÉCHAL
Vraiment ? Ah ! c’est très-amusant !
Non, madame, ce n’est pas amusant toujours, je vous assure... Moi, qui ne suis pas un enfant, je suis quelquefois effrayé de ce qui se découvre, de ce qui se murmure, de ce qu’on voit, de ce qu’on dit, de tous ces chuchotements où commencent les scandales... C’est qu’il y a des gens de génie, des hommes, des femmes Surtout, dans cette parlic-là... et qui ont comme une