‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 100 sur 143 · UN COURTISAN BIKN INFORMÉ · texte numérisé non relu

UN COURTISAN BIKN INFORMÉ

Charles II , de retour de Fontarabîe , était venu passer quelques jours à Colombes près de sa mère, qui lui avait rendu enfin toutes ses bonnes grâces : ils avaient de longs entretiens ensemble sur les événements qui s'accomplissaient en Angleterre , ainsi que sur les résolutions qu'il y aurait bientôt à prendre. Cependant Mazarin , qui, moins bienjenseigné que Reresby , redoutait encore le successeur de Cromwell, exigea, en dépit des instances réitérées de la mère et du fils , le départ de Charles II ; mais cette nouvelle absence ne fut pas de longue durée. Richard Cromwell, se débarrassant d*un fardeau trop lourd pour ses épaules, rentra dans la vie privée, et le général Monk, qui disposait de Tarmée, ayant habilement préparé le terrain, il n'y eut plus qu'un cri dans les trois royaumes pour rappeler la famille des Stuarts. Notre courtisan, de plus en plus empressé, se trouvait donc à Paris au moment où se répandit la nouvelle de cette révolution pacifique, qui ramenait les bannis, sans quïl en coûtât à l'Angleterre une goutte de son sang^ « « La reine s'en montra fort satisfaite, nous raconte-t-il, et afin que la cour de France pût prendre part à son bonheur, elle crut devoir donner une fête somptueuse, où furent invités ensemble les seigneurs français les plus connus et les gentilshommes anglais à quelque opinion politique qu'ils appartinssent. » Comme il ne s'oublie jamais, Reresby ajoute : « La reine me donna

Mi»s Stricklaod.

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Tordre de danser avec la nièce du cardinal, la belle Hortense Mancini. La cour de noire reine était alors bien plus animée et plus agréable que celle des reines de France ; son esprit et sa bonne humeur, ainsi que la beauté et la grâce de la princesse sa fille, ne devaient-ils pas être autrement attrayants que la rigidité de l'étiquette espagnole, qui sévissait dans les deux autres cours? En somme, pendant mon séjour à Paris, j'ai reçu de la reine et de la princesse bien plus d'honneurs que je n'en méritais. )) En cela il se rendait justice, car il n'hésita pas à se faire l'écho, quoique sans oser les affirmer, des rumeurs malveillantes qui accusaient Henriette Marie d'avoir épousé Jermyn, dont elle aurait même eu des enfants*. Cette calomnie, dont nous avons déjà parlé, et pour laquelle on n'a jamais pu alléguer la moindre preuve, ne vivait que sur quelques pamphlets publiés en Angleterre '.

La reine était au Palais-Royal, lorsque lui arriva la nouvelle de la restauration de son fils sur le trône de ses pères ; son premier mouvement la porta au couvent de Ghaillot , pour remercier Dieu de ce

* Mias Stricklaod.

* Pepys, que nous connai^ons déjà comme un ennemi de la reinet çn mentionnant ce commérage, parle d'une fille qu'elle aurait eue de Jermyn. L'auteur anonyme d'un infâme libelle, publié en 1G90, et destiné à répandre les bruits les plus injurieux sur la famille des Stuarts, dit aussi : <> J'ai moimême entendu M. R. Osborne, qui était alors à Paris avec le roi exilé, aflirmerqu'il avait vu célébrer, avec une grande solennité, le mariage d'Henriette- Marie avec lord Jermyn. n Mais quel crédit peut-on accorder à un inconnu, qui a pris à tâche de dépasser tout ce qui avait été dit d'odieux sur la fa^^ mille royale I *~ Miss Strickland, t. IV, p. 313.

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