A CHARLES PRINCE DE GALLES
Charles ,
Je suis fâchée d'être obligée de commencer ma première lettre par vous gronder, puisque j'apprends que vous n'avez pas voulu prendre médecine. J'espère que ce n'est que pour aujourd'hui et que demain vous le ferez ; si vous ne le voulez pas , il me faudra aller vous trouver et vous la faire prendre, car c'est pour votre santé. J'ai donné ordre à Mylord Newcastle de me faire savoir, ce soir, si vous le voulez ou non : j'espère donc que vous ne me donnerez pas la peine d'y aller, et ainsi je reste
Votre affectionnée mère ,
Henriette-Marie R.
(Trad. Harl., mt. 6968, P 95.)
LETTRES D*HEIfRIETTE-MARlE. 361
A M. DE CHAVIGNÏ*
Monsieur de Ghavigny,
Ayant envoyé Forster à mon cousin le cardinal de Richelieu, pour luy faire entendre Testât présent où je suis et luy demander son assistance, j*ay cru que, m'ayant toujours tesmoigné beaucoup d'affection, comme vous avés fait en tout ce qui me concerne, maintenant vous m*assisteriés dans une affaire , où il y va de ma ruine entière ou de mon bien ; car, comme les affaires vont maintenant icy, je n'attends que Tun quasy sans ressources et l'autre, je l'espère par l'assistance du roy mon frère. Je ne vous ay pas escrit quand Forster est allé, car je me suis mise entièrement à suivre les ordres que mondit cousin me donneroit, quoyque j'eusse ordonné à Forster de désirer de luy ce que vous pensiés estre de cette affaire, vous ayant toujours recognu si prompt à m'obliger que j'ay cru que, dans cette affaire, vous ne me refuseriés pas vostre assistance et que vous me garderies le secret, qui est très-nécessaire. Je vous prie donc de le faire et de croire que je suis si recognoissante des soins que vous m'avés desjà tesmoignés de votre affection, que je chercheray les moyens de vous faire paroistre que je suis
Yostre bien bonne amie ,
Henriette-Marie R.
(Arch. dos aff. étrang.)
« Léon BouthiUier, comte de Chavigny, secrétaire d*ÉUt sous le ministère de Richelieu. Il est mort en )65?.
362 LETTRES D*HENRfETTE-lIARIE.