‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 124 sur 143 · AU DUC DE HAMILTON · texte numérisé non relu

AU DUC DE HAMILTON

. Mon cousin,

J'ay receu vostre lettre avec les asseurances de la continuation de vostre affection , dont je me tiens certaine

* James, premier duc de HamiltOD, né en 1606, fût un des défensears les plus dévoués de Charles I"'; mais ses dissentiments avec le marquis de Montrose rempéchèrent de rendre les services qu'on pouvait attendre de lui en Ecosse. Tombé en disgrâce près du roi, il n'en leva pas moins une armée pour lui ; mais, battu et fait prisonnier k Preston par Cromweli, il fut décapité quelques jours après Charles I"'.

LETTRES D'hENRIETTE-MARIE. 469

et ne fais pas de doute d'en voir les effets et de ce que vous m'avés promis à vostre partement, touchant M. de Argyle. Will. Murray est venu hier d'Oxford : pour les nouvelles de là, je vous renvoyé à Henry Jermyn, qui vous en rendra compte. Seulement je diray que les lords Escossois, qui estoient avec le roy, sont en chemin pour TEscosse et aussy les commissaires qui estoient avec le roy.

Vous saurés par AVill. Murray la responce du roy aux propositions que vous m'avés faites à York. Je suis trèsayse de savoir par vostre lettre, et aussy par ce que m*a dit M. de Montgomery, les protestations que fait le général Leslie, touchant les armées en Irlande. Et maintenant, quand tous les serviteurs du roy seront ensemble, vous devrés penser aux moyens de conserver cette armée ; pour ma part, je ne sais que dire davantage sur ce subject. Je suis maintenant preste à aller trouver le roy et espère de partir d'icy dans dix jours. S'il y a quelque chose qui soit survenu dernièrement, je seray fort ayse de le savoir et que vous me croyés, comme je suis ,

Vostre affectionnée cousine et amie ,

Avril l&t3.

( Bttrnet's Jhàeê of HandUon, p. S. )

A CHARLES f

Mon cher cœur,

J'ay receu toutes vos lettres et la dernière par Barclay. Je vous aurois despeché plus tost, mais j'attendois toujours la venue de M de Newcastle, qui est allé en-

i70 LETTRES D*HENRIETTE-MARIE.

terrer sa femme qui est morte, et il n'est pas encore revenu. Sans luy je ne peux rien résoudre, quoyque j'aye desjà formé tous mes desseings. Il a esté là huit jours , ce qui a bien retardé nos affaires ; il me fait espérer qu'il sera icy demain, mais il a desjà escrit cela deux fois ; c'est pourquoy je ne veux plus retarder à vous envoyer. Quand il sera venu, je vous redespecheray un autre. Je ne sais si vous aurés seu ce qui s'est passé à Leeds : je le vous veux dire, car je le feray sans partialité, ce qui n'est pas peu de chose. La jalousie a passé de l'Ouest au Nord ; nous n'en sommes pas exempts ; ayant entendu que Pontefract estoit assiégé, nostre armée s'y advança, aussy tost que l'on put avoir de l'argent pour la faire marcher, et par le chemin j'ay donné six mille pièces et ils partirent, car, sans cela, ils n'eussent pas marché, mais cette vérité ne doit pas estre seue de tout le monde. L'armée marcha à Pontefract, et les rebelles sur cela quittèrent la place et allèrent à Leeds joindre le reste des forces de Fairfax. Nos troupes les suivirent et il fut résolu d'assiéger Leeds ; sur cela, les approches en furent faites avec foct peu de résistance et assés bon succès, quoyque de la ville ils tirassent perpétuellement. Mais, lorsque nostre canon vint à jouer, il ne fit nul effet, ce qui fit appeler un conseil de guerre, savoir si l'on forceroit la ville par un assault ou bien par un siège. Le général King et tous les vieux officiers de Hollande furent d'opinion qu'un assault estoit trop dangereux et pour roi t estre la cause de la ruine de cette armée par la trop grande perte, et aussy qu'un siège estoit impossible, n'estant pas assés pour faire la circonvallation , la ville estant d'un fort grand entour, outre le mauvais temps : tellement qu'ils se résolurent à lever le siège. Le général Goring et les

LETTRES D'hKNRIEMTE-MàRIE. 471

nouveaux commandants estoient tous pour un assault et moy avec eux. Il y eut force disputes là-dessus, mais M. le général, voyant que les expérimentés estoient contre et que , s*il leur commandoit de puissance absolue, tout n'iroit pas comme il se seroit fait autrement^ résolut de lever le siège. Goring le père estant là présent désira que M. le général luy permist de parler à Stockdale, qui est avec Fairfax, qui est de sa cognoissance et qui a voit désiré de lui parler auparavant, pour voir si ce n*estoit point qu'il voulust traiter. M. le général le permit, à la charge que ce seroit de son chef qu'il parleroit et non pas de luy. Sur cela Goring alla dans la vUle et apprit qu'ils avoient désiré d'avoir une suspension d'armes pour quatre jours, durant lesquels ils désiroient traiter S ce qui leur fut accordé, estant une chose où nous ne perdions rien, puisque nous estions résolus de lever le siège et aussy que nous estions bien ayses d'accepter, pour faire nostre retraite plus honorablement. Le traité ne vint à rien et nostre armée s'en alla à Wakefield , où elle est à cette heure, à prendre tous les advantages sur l'ennemy qu'ils peuvent. De Leeds M. le général alla chés luy, lequel nous retarde tout ce temps à faire quelque chose. Cependant j'ay résolu dans moy-mesme, s'il demeure, d'aller vous trouver et pour asseurer, en passant, le Lancashire et le Gheshire , lesquels sans cela sont en danger. Nostre armée, à cette heure, n'est qu'à vingt milles de Manchester ; ma proposition est cecy : de destacher de ce corps d'armée deux mille hommes de pies, mille chevaux, deux cents dragons et du canon, et de les envoyer pré-

' Fairfax, qui redoutait les oonséquences du siège, avait demandé au Parlement de Targent pour se fortifier ; on vota pour lui 7,000 liv. sterling. Perfect diumal, 10 april.

472 LSTTRES D*UENRIETTE-1URIE.

sentement en Lancashire, se joindre avec Derby et de nestoyer ce pays, ce qui, j'espère, peut estre fait dans dix ou douze jours, et alors venir me rejoindre à Newark, où j'iray avec mon régiment de pîés et de cavalerie, qui consiste en deux mille hommes. Je laisseray derrière dix mille hommes, qui auront, comme j>spère, mis bientost fin à Fairfax et puis pourront venir après et vous estre conduits, si je pars, et que Newcastle n'arrive point. J'espère pourtant qu'il le fera, car le temps que j'ay donné est expiré.

Il nous est arrivé à cet instant un navire avec des armes à Scarborough ; je ne sais pas encore queUe proportion.

Par vostre lettre vous me mandés que vous avés rappelé vostre nepveu ; j'en suis fort ayse, ayant esté fort en peine, lorsque j'ouys que vous l'aviés envoyé, n'estant pas preste à partir. Aussy j'espère que nous serons assés forts pour faire nostre chemin. La poudre que vous désirés part aujourd'huy et les mesches, quoyque M. de Newcastle ne soit pas icy ; il demeure pour traiter avec Hotham le fils*; s'il réussit, nos affaires iront bien. J'ay veu une lettre que vous écriviés à M. de Newcastle, dans laquelle vous luy dites: « Quoiqu'en apparence, j'aie fait tomber directement sur vous cette méprise, j'avais les autres en vue, comptant plus sur votre assistance, dont je crois avoir éprouvé les effets, pour l'éclaircir, que sur votre parfaite candeur en avouant ce dont je ne vous crois pas coupable'. » Je crois que cecy est en responce de nos

* Après s^étre montré Tan des fougueux partisans de la rébellion et avoir fermé au roi les portes de Hull, Hotham avait été gagné par les royalistes. Il était même résolu à leur livrer cette ville, si le complot n'eftt été découvert.

* Cette citation de la lettre du roi est en anglais.

LETTBES D^HENRIETTE-MÀRIE. 473

plaintes; sur qui mettés-vous ces plaintes? Car, certainement, il n'y a personne qui ne veuille avouer que nous avions raison de nous plaindre , ayant ouy ce que nous entendions tous les jours, et, si cela doit tomber sur moy, je le prendray, quoy que je ne fusse que nouvellement arrivée, lorsque le grand bruit en estoit, et le mescontentement par toute Tannée. Je Tay trouvé à mon arrivée , mais néantmoins je ne laisseray pas de le prendre sur moy pour sauver le reste; car je sais fort bien que, lorsque je vous verray, vous avouerés vous-mcsme, quoyque j'aye eu tort d*escrire ce que j'ay escrit, néantmoins que trouvant. à mon arrivée ce bruit, tel qu'il estoit, contre lequel j'ay esté longtemps à disputer, j'ay eu quelque raiâon à ce que j'ay fait.

11 y a une chose dans une de vos lettres à moy, de quoy je vous diray la mesme chose que vous, c'est que : « Si c'est moi (car je vous assure que personne autre ne fait des gloses ni des interprétations sur vos lettres à moi) qui me suis méprise sur le sens de quelqu'une de vos lettrés, je serai volontiers rectifiée par vous, comptant également sur la même justice de votre part*. » Et croyés, mon cher cœur, que je n'ay nulle chose au monde dans ma pensée que de vous servir et de vous plaire. Si je suis si malheureuse que de n'y pas réussir, et que je ne le croye pas, je ne demanderois qu'à sortir du monde, en estant assés lasse. Lorsque vous saurés les combats que moy et ceux qui sont auprès de moy ont eus, pour vous défendre icy sur les favoris, et le peu d'envie que l'on avoit que je fusse avec vous , vous nous escrirés des lettres de remerciements et ne nous accuserés pas, quoyque j'avoue que ma

* Autre ciUition en anglais.

47 i LETTRES d'uenriette-hariiî:.

colère à la fin m*a emportée ; mais vous savés que j reviens avec la raison. Adieu, mon cher cœur.

L'on me vient à cet instant d'apporter nouvelle d'un autre navire d'armes arrivé à NewcasUe.

Yorkf c« 23 avril.

(Harl. ma. 7379, fol. 17.)

Lxxxvn

AD MÊME

Mon cher cœur,

Ce porteur Skipwith estant venu de Londres avec un passe-port, j'ay esté bien ayse de me servir de luy, pour vous porter cette lettre. Le subject est que les lords Say, Salisbury, Manchester, Pym et Hampden m'ont envoyé ce porteur, pour savoir si je veux escouter à une paix et vous porter à vouloir recommencer le traité et accorder ce qu'ils vous avoient proposé à Oxford et qu'ils me feroient voir tant de raisons pour cela que j'y consentirois : que si je voulois les escouter, ils envoyeroient Manchester et quelqu'autre Lord, Hampden et Stapleton, pour me satisfaire ^ Ils ont promis à ce porteur que, jusques à son retour, l'armée d'Essex n'advanceroit point. J'ay jugé cela pour vostre service, car, par ce retardement, le convoy peut arriver. Quant à la responce que j'ay donnée, je vous l'envoyé et j'ay fait la mesme au Parlement, comme vous pouvés bien juger par l'anglois. J'ay cru qu'il estoit à propos de

* Les succès du roi, qui Tavaient amené presque aux portes de Londres, avaient effrayé le Parlement, qui s'efforça de reprendre les négociations déjà entamées à Oxford. Connaissant toute Tinfluence de la reine sur Tesprit de Charles, il crut devoir faire près d'elle la démarche dont nous voyons le résultat dans cette lettre.

LETTRES D*aENRIETTE-MÀRIE. i75

tes moigner désirer la paix, puisque toutes vos responces ont été comme cela. Envoyés-moy une responce à cette lettre promptement, pour que je sache ce que vous voulés que je fasse, avec des ordres ponctuels, et que personne ne sache rien de cecy que Golepepper et Ashburnham, car le secret m'est recommandé. Pour moy, je le garderay; seulement faites^en autant de vostre costé, car c'est une chose d'importance.

Le roy peut oster et mettre à cette responce ce qu'il lui plaira. Ce porteur qui la lui portera en dira davantage*.

York, ce 5 mai.

{Ibid., fol. 85.)

LXXXYIII

AU COMTE DE NEWGA8TLE

Mon cousin ,

J'ay retenu sir Marmaduke Langdale, comme vous Tavés désiré, et suis si satisfaite de luy que je ne luy ay seu refuser des pistolets, nonobstant la défense que j'ay receue du roy d'en donner à personne. Pour ce qui est de la lettre que vous m'avés envoyée, que le roy escrit à M. Pierpoint, j'avoue qu'il eustesté mieux qu'il ne l'eust pas fait; mais il me semble que vous n'en devés pas estre ofiTensé, car elle est avec une si grande référence à jrous, que c'est plus tost le mettre soubs vous qu'autrement. Je vous prie que cecy ne vous fasse rien négliger, car vous dites que , si nous le laissons faire, il gastera bientost tout ; mais quand tout

' Ceci était évidemment écrit sur le doe de la réponse k la lettre dea Communes.

476 LETTRES D*HEiniIETTE'l[AIUE.

sera gasté, il sera plus mal aysé à raccommoder qu'il n'est à conserver. Laissons nos passions et songeons que, pour un petit despit, nous pouvons tout ruiner. Je ne vous donne point de conseils que je n'aye pris moy-mesme, ayant laissé mon despit sur la marche de Tarmée pour le bien public, qui estoit ainsy nommé: en quoy j'ayois peut-estre plus de raisons que je ne veux pas dire. Je dis seulement cecy pour vous donner exemple et vous asseurer par cette franchise que je suis

Yostre constante et bien bonne amie.

York, C6 10 mai 1643.

(Harl. ma. 6968, fol. 81.)

Mon cher cœur,

J*ay receu vos deux lettres, touchant les propositions que Ton a mises en question, en cas qu'on manquast de munitions, savoir si vous déviés aller à l'Ouest, qui est une chose que tant plus je considère et tant plus je trouve dangereuse, à cause que, vous retirant du Nord, vous perdriés ainsy toute sorte d'assistance de munitions, et, s'il arrivoit quelque malheur, les passages seroient coupés entre nous et cette armée ; car certainement c'est la première chose que les rebelles feroient que de couper les passages. Vous sériés sans ressources et secours de cette armée ; de plus l'asseurance des forces d'Irlande perdue et de toutes celles du pa!s de Galles.

LGTTBES D^UENRIETTE-KARIE. 477

Pour la seconde proposition, si Peterborough est un lieu où on peut s'enfermer, mon opinion est que, si vous estes forcé de quitter Oxford, ce qui, j'espère, ne sera pas, il me sembleroit le lieu le plus propre pour le commerce , que nos forces auront ensemble, tant du Nord que de llrlande que du pais de Galles. En ce lieu, nous vous pourrons joindre et vous advancer après vers Londres ; ou, si vous allés à TOuest, tous ces lieux sont en danger d'estre perdus. Aussy, quand vous serés à Shrewsbury, vous pourrés aller plus aysément vers rOuest qu'icy, ayant toujours un passage libre.

J*espère que les munitions sont arrivées, et ainsy que vous pourrés encore attendre à Oxford quelque temps sur la défensive, jusques à ce que mon armée puisse aller à vous, ce que j'espère, dans dix ou douze jours, vous mander. Nos affaires s'advancent fort bien jusques à présent; je ne saurois rien mander de mon voyage, mais je travailleray tant que je puis,' si cette armée ne^ pouvoit pas aller, pour aller moy-mesme, comme Percy vous fera voir par des propositions qu'il vous fera là-dessus. Je vous prie que je sache vostre résolution làdessus, et cependant je ne perdray point de temps.

Le comte d'Antrim, voyant, par des lettres qu'Ashbumham avoit escrites à sa femme, que vous ne vouliés pas qu'il allast à Oxford , a proposé d'aller en Irlande , pour tascher de persuader aux Irlandois de faire des propositions raisonnables. Je vous puis asseurer qu'il le fera fidèlement: il me laisse icy sa femme pour gage. S'il vous plaist de tenir cecy secret et de vouloir escrire> une lettre au comte d'Ormond, que les personnes qu'Antrim envoyera à la duchesse*, sa femme,

< Lady Catherino Manners, veave du fameux duc de Buckingham.

47 H LETTIES D^HERBIBTTB-MABIE.

paissent passer seurement et lui commander de n'en dire mot à personne, i'ay anssy à tous prier de ne point disposer de la place de feu M. Denby, comme aussy d'une autre place de maistre fondeur de la monnoyé '. Adieu, mon cher cœur; je suis morte d^escrire et de deschiffrer, ne venant que de recevoir vos deux lettres, en responce de quoy j'ay escrit celle-cy : tout cela de suite.

York, ce 11 maj 1643.

Faites mes recommandations à M. le duc*, et, quand vous lui montrerés la longueur de cette lettre, il m'excusera, si je ne lui escris point.

(Hari. ma. 7319, ibi. 4.)

An MÊME

Il n'y a que deux jours que je vous ay escrit par un homme de M. de Newcastie, ce que je ne manque pas toutes les semaines deux fois. Je crains que quelquesunes de mes lettres ne soient perdues, car je n'entends point de responce sur ce que j'ay escrit par l'homme de Will. Murray, qui vous rendoit un compte fort exact de tout ce que nous faisions icy et de beaucoup d'autres choses que je croyois nécessaire que vous seussiés. Dans ma dernière, je vous ay respondu touchant ce que vous m'escriviés pour l'Ouest, que je toucheray encore dans celle-cy, de peur que l'autre ne soit encore

* En anglais daiia le texte de la lettre.

* De Richmond.

LETTBES d'hENBIETTE-KABIE. 479

perdue, qui est que je ne suis point pour que vous alliés dans rOuest; vous ne pourries plus avoir nulle assistance du Nord, ny du pais de Galles, ny de llrlande par Chester. Asseurément Ashbumham? se souviendra des raisons qu'il me donne dans sa lettre : il vous les dira ; elles sont les mesmes que je pourrois dire. Seulement j'ay adjousté que j'espère que, à cette heure que les munitions sont arrivées, vous pouvés rester à Oxford sur la défensive, jusques à ce que je puisse venir; et à cet effet j'ay envoyé H. Jermyn au comte de Newcastle , pour le presser de me donner neuf cents hommes , qui viennent deNewcastle et de Berwick et qui n'ont pas d'armes. Si cela réussit, je ne fais point de doute de vous mener quatre mille hommes bien pourveus avec ce qu'il fault pour une petite armée, en despit de tous les empeschements qu'il y a, qui ne sont pas petits ; car nostre général et tous les gentilshommes du païs sont contre.

Cette armée est appelée Yarmée de la royne, mais j'ay un bien petit pouvoir et je vous asseure que, si j'en avois, tout iroit mieux qu'il ne va.

M. le duc vous aura dit tout ce qui s'est passé icy à leur despart, touchant mon voyage. Je vous l'avois escrit, mais je crains que ma lettre ne soit perdue, n'en ayant point de responce. Aussy tost que H. Jermyn sera revenu, je vous envoyeray un autre messager, et par luy une absolue résolution de ce que je feray, qui sera dans deux jours. J'ay tant fait de despeches et en France et en Hollande cette semaine, que vous aurés pitié de moy, au lieu de vous plaindre , sans oublier les lettres que j'ay escrites à nostre armée icy, outre l'impatience que j'ay de partir et les diligences que je fais pour cela. Quand je vous verray et que je vous diray

480 LETTRES d'hENRIBTTE-MARIE.

tout cela, vous dires que je suis une bonne fille et bien patiente, mais je vous jure que cela me tue d'estre patiente, et, si ce n'estoit pour Tamourdevous, j*aimerois mieux me mettre dans un couvent que de vivre en cette misère, avec très-grande vérité. Adieu, mon cher cœur.

J'ay receu vos deux lettres , Tune datée du 7 et du 8 et Tautre du 10: pour les excuses que vous faites d'avoir ouvert une de mes lettres de Wal. Montague, je m'en offense que vous croyés que j'aye aucun secret pour vous, que je ne vous dise : non, je vous jure, je n'en ay point. Je vous prie de dire à Golepepper et à Ashbumham que si je n'escris point, c'est que je vous ay tout escrit ce que j'ay à dire et que je suis bien lasse d'escrire.

Ce 14 may 1643.

(/6mI., fol. 10.)

XGI

AU MÊME Mon cher cœur,

J'espère que vous ne vous plaindrés pas que je ne vous escris guère souvent, l'ayant fait quatre fois cette semaine. Gelle-cy est la résolution de ce que Jermyn a fait avec le comte de Newcastle, touchant mon voyage à Oxford, qui, je vous asseure, n'a pas esté avec peu de peine; mais j'espère que cela finira bien. Les choses les plus difficiles au commencement prouvent à la fin les meilleures. J'ay commandé à Jermyn de vous escrire tout, et j'ay pris la liberté que vous m'avés donnée de faire escrire par d'autres que moy-mesme ; car ma veue est

lëttbës d'henriettg-mariis. 481

fort affoiblie par Tescriture. Seulement je vous diray qu*il y a fort longtemps que je n*ay été si gaye et si satisfaite que je suis ; la raison , vous la pourrés bien juger. Je ne manqueray pas de vous advertir ponctuellement de tout ce qui se passe; je Tavois desjà fait cy-devant, mais asseurément mes lettres ont esté perdues. J*avois oublié dans mes dernières lettres de vous dire que ce que vous avés changé dans ma responce par Skipwith, je le trouve très-bon, et que j'exécuteray ponctuellement ce que vous avés ordonné, mais je crois que tout cela n'arrivera à rien ; toujours c*e$t du temps gagné. Adieu, mon cher cœur.

York, ce 17 may.

Ibid,, fol. 46.)

XGII

AD MÊME

Mon cher cœur,

i'ay retardé ce porteur un jour, à cause que celuy qui devoit escrire cette relation est malade, tellement que j'ay pris un jour davantage pour escrire. Je commenceray par le desseing que M. de Newcastle avoit d'aller à Nottingham avec Rupert, pour assiéger cette place et ainsy de marcher avec toutes ses armes , comme il disoit; mais Tinconstance règne un peu de ce costé-Ià : s'il l'eust fait, outre la longueur du temps, qui eust esté devant qu'il l'exécutast, il auroit laissé le Yorkshire en danger et le Lancashire perdu, le comte de Derby estant venu pour me dire qu'il ne pouvoit subsister, toutes ses troupes estant retirées*, s'il n'avoit du

« Le roi avait appelé à loi les troupes que le comte de Derby avait levées à ses frai» pour défendit sa province.

48â LETTRtlS D*HElfRIETTE-MÀRIE.

secours, et par conséquent le Gheshire east suivy et puis ceux d'Oxford, qui, je crois, viendront aussy, et un party mesié, qui commence dans le Lincolnshire et qui .a receu de nouvelles forces ; de plus les gentilshommes de ce pals seroient offensés, si ou les laissoit ainsy, de ne pas savoir ce qu'ils devroient faire.

Sur cecy, j'ay envoyé Jermyn, comme je vous avois mandé, pour donner mon avis au comte de Newcastle et tascher de prévenir tous ces inconvénients, et aussy pour que je puisse vous aller trouver promptement; lequel Jermyn a fort bien réussy, car nostre armée présentement marche sur Leeds, Bradford et Halifax, qui n'est qu'à vingt milles de Manchester, ce qui donnera une si grande peur aux rebelles qui couroient le pals, qu'ils reviendront se renfermer. Le comte de Derby à cette heure est contraint de retourner et de rassembler toutes ses forces et de demeurer sur la défensive jusques à ce que l'armée aille à Manchester, ce qui, j'espère, sera bientost, car je crois que, Leeds estant pris, les deux autres lieux ne sont pas considérables, et ainsy Manchester viendra en jeu ; que si nous le prenons, tout le Lancashire est à nous, et cette ville est capable d'armer six cents hommes et a un nombre infini de richesses. Quand cela sera fait, tous ces païs de deçà seront nettoyés et seulement des garnisons en quelques places suffiront, et après cela l'armée pourra marcher où vous voudrés, tout estant net derrière eux. Entre cy et ce temps-là, l'on pourra voir ce que les Escossois voudront faire et sur cela prendre de nouvelles résolutions.

A cette heure, pour mon voyage, il est résolu que le comte de Newcastle donnera un régiment de pies, qui est venu et qui n'est point encore anné \ je les armeray

LETTRES D*HEKRIETTE-MARIË. 483

avec six compagnies de cavalerie et un attirail d'artillerie, et le général Goring pour les commander. Tout cecy, avec mes deux régiments et d'autres que je dois trouver à Newark, se doit advancer vers Newark. Cependant que je m'appresteray, les troupes tascheront de nettoyer le Lincolnshire et j'espère, lundy après» de partir. Si vous vouliés renvoyer les gens que Percy vous a amenés, cela nous feroit grand bien, particulièrement la cavalerie. J'espère que nous ferons bien le nombre que vous désirés, mille hommes de pies et quinze cents chevaux pour le moins et, je vous promets, bien armés, mais pour ce marché que j'ay fait avec le comte de Newcastle, il a fallu donner des armes, comme aussy à lord Derby et à cause du Lin^ coinshire, tellement que je ne puis porter la proportion que je pensois ; mais croyés que ce que j'ay fait vault bien les armes, car, au lieu d'une armée que vous auriés eue hors du Nord, vous en aurés une dans le Nord et une petite qui ira à vous, et le Lancashire regagné, qui eust esté perdu et les autres que j'ay nommés cydevant. Tout cecy s'est fait avec grande peine, car nostre général est fantasque et inconstant, mais pourtant nous sommes fort bien ensemble.

J'espère que je vous porteray six cents mousquets et cinq cents pistolets : vous avés desjà eu par Percy cinq cents mousquets. H. Jermyn mesne lundy toutes nos forces, comme colonel de mes gardes, en attendant que Goring puisse aller; il a esté bien malade, mais j'espère qu'il sera tout à fait remis pour aller avec moy, quand j*iray.

Je prie Dieu que vous trouviés tout cecy bien, c'est tout ce que je désire ; autrement je ne prendrois pas tant de peine que je fais, car je vous asseure que tout

484 LETTRES D UËNRIËTTË-MARIE.

cecy a esté un fort grand ouvrage , aussy de payer les armes de Hardock, qui montent cela à la somme de 8,900 pièces, ce qui n'est pas une petite somme pour ce temps-cy, et faire donner* seureté pour autant encore. Will. Murray m'a donné deux mille pièces de son argent.

' Vous aurés seu Talarme de Newark, qui fut si chaude que Ton croyoit Newark perdu, niais, à la fin, il s'est trouvé que nous avions Tadvantage, comme vous aurés esté asseurément informé du lieu mesme. Nous faisons tous les jours des levées en Derbyshire : j'espère que, dans quinze jours, cette armée sera de dix mille hommes et trois mille chevaux. Présentement les garnisons sont dé sept mille hommes de pies , deux mille cinq cents chevaux et quelques dragons.

Voilà Testât de nos affaires. Souvenés-vous de faire ce que Digby et Will. Murray m'ont dit que vous estiés résolu de faire : déclarer que ce parlement n*est point un parlement libre. Que cela soit fait devant que j'arrive, autrement l'on diroit que c'est moy qui suis toujours pour toute sorte de violences et cela me rendroit incapable de vous servir, qui est la seule chose qui me fait vous mander cecy, car autrement il ne m*en soucie guère. J'attendray la résolution de ce que vous voulés faire là-dessus à Newark.

Adieu, je ne vois plus goutte.

Ce 18 may 1643.

(/6W., fol. 5.)

AU COMTE DE NEWCA8TLE

Mon cousin , Vous pouvés croire que je n'ay pas esté faschée de vos

LETTRES D*UENRIETTE-MARIE. 485

triomphes et que je vous en souhaite beaucoup d'autres encore ; pour ce que vous m'escrivés de Charles Cavendish* pour demeurer à Gainsborough, je le trouve très à propos et je luy en ay escrit mon opinion : s'il est encore où vous estes, vous luy dires, s'il vous plaist, qu'il le fasse et que j'ay envoyé un exprès vers luy pour cela à Gainsborough. J'entends que nos armes, qui viennent de Newcastle, sont en très -grand danger d'estre prises, des troupes estant sorties de Leéds vers Knaresborough pour les rencontrer : ce sera quelque perte, si cela arrive. M. de Derby est arrivé à York, n'estant plus capable de se défendre, ny de lever des gens, les rebelles estant trop forts : c'est pourquoy nous nous devons attendre que ce paîs viendra icy sur nous. Pourveu que tout aille bien à Oxford et que nostre munition arrive, je ne désespéreray point, mais, si la teste est blessée, le reste ira mal : Dieu nous en présene ! croyés-moi toujours

Yostre constante et bien bonne amie.

(Harl. ms. 6988.

Mon cher cœur.

Je vous ay desjà despeché pour vous dire ce qui s'est passé icy dans la surprise de Wakefield ', où nous avons perdu cinq ou six cents hommes, Goring pris, qui n*est pas une petite perte, je vous asseure, et comme je n'ay pu envoyer Henry Jermyn en Lincoln-

* Frère cadet du comte de Devonshire.

* Par lord Pairfax et les troupes du Parlement.

i86 LETTRES d'hENRIETTE-MAUE.

sbire , comme je vous avois mandé, avec ses troupes, à cause de Talarme que nous avions à York, qui estoit plus grande que de raison , à cause que Tannée estoit si esloignée de nous et que, entre nous et Tennemy, il n*y avoit point de forces qui pussent résister. Gela me Ta fait retarder pour deux jours , aussy cette garnison fort foible, la ville mal affectionnée généralement, et ne sachant rien de la vérité de l'affaire de Wakefield.

Durant ce temps , M. de Newcastle m'a envoyé prier de demeurer, jusques à ce qu'il eust pris Leeds, et de luy donner les armes que j'avois réservées pour vous, ou autrement il ne pouvoit rien faire. J'ay cru, si je refusois les armes, que , s'il arrivoit quelque nouvel accident, l'on mettroit toute la faulte sur moy ; tellement que je les ay envoyées , mais avec cette condition que , si vous me commandiés de venir, ceux qui avoient ces armes me suivroient partout, quand je voudrois : ce qu'il m'a promis sur sa foy, et ainsy nous ne perdons ny temps, ny armes. Au lieu d'armes je vous mesneray des gens armés; aussy je ne pouvois pas partir devant Juin , ce qui m'a fait vous despecher deux exprès pour vous dire nostre condition et pour savoir si vous vouliés que je vous aille trouver et s'il est nécessaire pour vos affaires que je parte promptement. Si cela doit estre, vous pouvés commander absolument et je le feray; mais, si ce n'est pas nécessaire , je vous prie de vouloir me laisser faire ce que je jugeray à propos pour le bien de vos affaires dans ce pais. Si vous renvoyés quelqu'un promptement, il n'y aura point de temps perdu et j'espère que, entre cy etvostre responce, Leeds sera pris ou failly. Les rebelles sont devenus forts et nous foibles depuis cette perte, mais j'espère que, si nous prenons Leeds, tout ira encore bien.

LETTBES D*HENIUETTE-]IARIE. 487

Je TOUS ay envoyé par le dernier que je vous ay despeché ce qui a esté fait en Danemark. S*il vous plaist de résoudre quelque chose là-dessus, il n*y a point de temps à perdre et à renvoyer quelqu*un pour conclure ce que vous voudrés faire ; si vous estes content de donner les isles, ce de quoy je ne ferois pas difficulté, estant seulement une chose qui despend de TEscosse. Il faut prendre garde que les Escossois ne prennent cette occasion pour se piquer ; c'est pourquoy, si vous voulés les donner, il faudroit faire un contrat secret avec le Danemark de les luy livrer, quand vos affaires seront faites, et luy dire la raison pourquoy vous ne le faites pas dès cet instant et que, si le roy de Danemark s*ac^ corde à cela avec celuy qui ira traiter avec luy sur le lieu, il dise où il descendra ses forces et où ses navires viendront, et cecy fait promptement et sans retardement.

J'ai commandé à Henry Jermyn d*escrire quelque chose, qui estoit trop long pour moy, pour vostre considération. J'ay retenu Charles Jarett pour venir avec moy.; c'est pourquoy ne le trouvés pas estrange, s'il ne va pas vous trouver ; il estoit malade.

La duchesse de Buckingham ^ m'a priée de vous escrire que vous veuilles faire le secrétaire Nicholas escrire de vostre part à ses enfants de luy obéyr ; autrement ils se perdront, car ils n'ont personne auprès d'eux qui en prenne soing, et deviennent desbauchés. Pour leurs affaires, elle ne s'en meslera en façon du monde ; seulement qu'ils croient ce qu'elle leur dira, pour ne pas se perdre dans ce monde. Ce sera un bien petit honneur pour vous de les voir mal nourris, après

* Comteue 4*Antrini.

488 LETTRES D*UENRIETTE-3IARIE.

que vous avés pris soîng d*eux. Adieu, mon cher cœur.

Comme je fermois cette lettre, j*ay receu les Tostres par Tomkins et n*ay rien à respondre, ny rien à adjouster à ce que j'ay escrit au Parlement, sinon d'attendre Tostre responce , que sur un point particulier touchant Percy, de la .place que vous lui avés donnée de général de Tartillerie, laquelle, j*espère, n*est pas pour toujours, mais seulement pour ce temps ; car si vous donnés à un seul ce qui pourroit contenter beaucoup, malaysément aurés-vous de quoy satisfaire tout le monde. Percy est grand escuyer du prince Charles, général de Tartillerie, et lord gouverneur de Guernesey, et avec tout cela pas content, animé contre Colepepper et Ashhumham? : il m*escrit que si H. Jermyn vient avec intention se joindre avec eux, il sera chassé hors d*avec moy, et puis il dit que, si Jermyn veut se joindre avec luy, il luy rendra de bons offices auprès de vous. J*avoue que cette vanité de Percy est sotte, mais il y a de vostre faulte, car, si une personne vous parle hardiment, vous ne refusés rien. Ce que je vous en escris est seulement pour que vous cognoissiés les personnes, car pour Percy, vous savés bien que c'est moy qui ay toujours parlé pour luy, mais je vois à cette heure qu'il va de son chef et qu'il croit qu'il a un pouvoir sur vous, lequel, j'espère, il peut mériter, mais il ne l'a pas encore mérité, depuis la lettre qu'il a escrite au Parlement. Je vous asseure que ny moy, ny personne sur qui j'ay du pouvoir, ne feront jamais autre chose que ce que vous commandés.

Depuis cette lettre escrite, j'ay consulté avec M. de Ncwcastle et le général King sur Testât de cette armée et le moyen qu'il y avoit pour moy d'aller vous trouver: la conclusion a esté que M. de Newcastle me donneroit

LETTRES D'HENRlETTE-lfAIUE. 489

deux mille hommes de pies, et douze compagnies de cavalerie et deux cents dragons. Pour les armes, il ne fiiult pas que vous vous y attendiés pour cette heure» car j'ay esté contrainte de les donner, pour armer les nouveaux hommes. Je partiray le 31 de ce mois, et, pour que je ne sois point empeschée, je le garde fort secret el prétends seulement d'aller à Pontefract, durant le temps que Ton assiège Leeds; ce qui ne sera point, estant impossible, vous amenant les forces, comme je fais. Je vous avois despeché par Whitfleld, pour vous dire ce qui s'est passé icy et savoir si vous vouliés que j'allasse vous trouver présentement ou bien plus tard. Je crois que, devant que j'arrive à Newark, j'auray vostre responce, et, si vous me commandés de venir, je passeray selon la résolution où je suis, et, si vous me permettes de demeurer, je demeureray pour assiéger Leeds tout à l'heure, quoyque je meure d'envie de vous aller trouver, mais je suis si enragée d'aller sans avoir battu ces coquins, que, si vous le permettes, je le feray et puis vous iray trouver, el, si je m'en vais, ils ne seroient pas battus, j'en ay peur. Si vous m'avés escrit, en responce de mes lettres, de venir, qu'il vous plaise d'envoyer ordre à Northampton de se tenir prest avec des forces, quand je luy envoyeray dire que j'approche de là où il est : aussy de vouloir envoyer les troupes, que Percy a menées avec lui, jusques à Ashby de la Zouch et de demeurer là jusques à mes ordres. S'il n'arrive quelque malheur, je ne manqueray pas à partir le 31 Juin. Je vous prie de redespecher quelqu'un en responce de cecy, mais de tenir tout cecy secret et que tous ceux à qui vous en parlerés en fassent de mesme. Je vous avois mandé que le comte d'Antrim estoit allé en Irlande ; je crains qu'il ne soit pris par les Escossois

490 LETTRES D'HENRIETTE-MABIE.

en Irlande \ mais il n*a rien d*escrit de moy: je veux espérer encore qu*il n*est pas pris. Adieu, mon cher cœur.

York, ce 27 may.

Si VOUS ne pouvés prendre la peine de deschiffrer cette lettre , je vous prie que ce ne soit que Colepepper ou Ashbufmham? qui le fasse. Pour tout, hors ce qui concerne Percy, vous le pouvés dire à Bîchmond? mais pas cela, s'il vous plaist, et à vostre nepveu aussy.

(Harl. ms. 7879, fol. 62.)

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