AD DUC DE HAMILTON
Mon cousin ,
J'ay receu vostre lettre et j*ay rendu compte au roy de ce que vous me dites. J'espère que les fidèles serviteurs du roy seront d'autant plus fermes dans son service, que la meschancelé des autres est plus apparente et que leurs soings et diligence préviendront leur malice. Nous avons eu un malheur dans Tun de nos quartiers par la négligence de nos gens'; la plus grande perte que nous avons faite est cognue, mais nous ne sommes nullement descouragés et espérons d'avoir bientost nostre revanche. Nostre armée consiste, sans compter les garnisons, en sept mille hommes de pies et soixante-neuf compagnies de cavalerie, outre mes deux
* n le fut en effet, et on ne manqua pas de dire que c'était d*aprèt des instructions de la reine qu'il avait entrepris dVxterminer les protestants en Irlande et d'amener ensuite en Angleterre une armée irlandaise pour le service du roi.
• La surprise de Wakefield.
LETTRES D*HENRIGTTE-]IARIB» 491
régiments; ainsy, avec tous nos malheurs, nous ne sommes pas en mauvaise condition. J'ay des nouvelles du roy, que son armée est aussy forte que celle d*Essex et qu*Essex n'advance point. Le roy a envoyé le prince Maurice dans TOuest avec deux mille chevaux et mille hommes de pies. Les gentilshommes de TOuest ont promis de lever une armée de dix mille hommes en six semaines ; ainsy» je puis vous Tasseurer, nos affaires vont bien. De France, excepté la mort du roy mon frère \ j*ay de très-bonnes nouvelles, aussy bien que du Danemark.
Si le roy ne me presse point de l'aller joindre promptement, j'espère voir Leeds pris avant de partir; vous ferés part de ces nouvelles à tous nos amis, s'il y en a quelques-uns qui osent s'avouer tels, depuis que la Chambre des Communes m'a déclarée traistre et porté leur accusation contre moy à celle des Lords. Gecy est ^i^Jf JG vous l'asseure, mais je ne sais pas encore ce que les Lords ont fait là-dessus. Dieu leur pardonne leur rébellion, comme je vous asseure que je leur pardonne de tout mon cœur ce qu'ils ont fait contre moy I et je continueray toujours, comme j'ay promis, d'estre
Vostre affectionnée cousine et amie.
Ce 28 mai 1643.
(Banet't Duke» of HamîUton, p. S29.)
AD CARDINAL MAZARIN
L'afQiction que j'ay eue de la perte que j'ay faite du
« Louis Xni était mort le 14 mat 1643.
492 LETTRES d'hENRIBTTE-MARIB
roy, monsieur mon frère, vous sera dite par le sieur de Gressy : comme aussy les ressentiments que je receois tous les jours de vostre affection que je vous prie de continuer, vous asseurant que vous n*obligerés jamais personne qui en soit plus recognoissante que moy: je me remets au sieur de Gressy à vous dire beaucoup de choses de ma part ; c*est pourquoy je finiray en disant que je suis,
Mon cousin ,
Vostre bien affectionnée cousine.
May 1643.
(Arch. dtt min. des aff. étr.)