‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 127 sur 143 · AU MARQUIS DE NEWGASTLE · texte numérisé non relu

AU MARQUIS DE NEWGASTLE

Mon cousin ,

J*ay receu trois de vos lettres par Tomkins et la réduction de Lincoln. Je pense que vous croyés bien la joye que j'ay de vos prospérités. Le roy est allé à Gloucester luy-mesme en personne, ce qui ne donne pas peu de mescontentement à tout le monde icy, et avi^ raison, de luy voir prendre des conseils si subits, et tous ceux, qui luy ont conseillé eux-mesmes, le désavouent. Je prie Dieu qu'il en ayt un bon succès.

Il m'avoit escrit de vous mander d'aller en Suffolk, Norfolk et Huntingdonshire. Je luy ay respondu que vous estiés meilleur juge que luy de cela et que je ne le ferois pas. La vérité est qu'on porte envie à vostre armée.

Davenant est arrivé ; je n'ay point encore parlé à luy ; à son retour, il vous informera de beaucoup de choses, qui ne se peuvent escrire, mais je ne craindray point d'escrire, et que tout le monde le voye, que je suis véritablement et constamment

Vostre fidèle et bien bonne amie.

Oxford, ce S août 16i3.

( Harl. ma. fi988.

* Le comte de NeMrcastle venait de recevoir du roi le titre de marquis.

AU MÊME

Mon cousin,

Pour une personne qui attend un siège, ce n*est pas mal, allés ! que de pouvoir escrire; mais c*est qu*à cette heure, il fault que je vous flatte, pour que , si le roy ne vous vient secourir, vous le fassiés. Toutefois j'espère que nous ne vous ferons pas quitter Bevcrley encore, où Ton dit icy que vous estes. Il fault que je vous mande de vos nouvelles, car vous ne nous en mandés point. Il y a si longtemps que nous n'entendons plus parler du Yorkshire, que, si ce n'estoit que nous redisons ce que nous en savons, il ne s'en parleroit point. Il fault un peu vous gronder de ne pas envoyer plus souvent et aussy en mesme temps vous asseurer que je ne laisse pas d'estre

Vostre fidèle et constante amie.

Oxford, ce 28 aonst 1643.

Harl. nm. ibid. ;

AU MÊME Mon cousin.

Ce porteur est demeuré si à propos qu'il vous portera la nouvelle de la victoire * que nous avons eue sur les rebelles, de quoy je vous envoyé la relation, et quoyque ce n'ayt pas esté une totale desfaite, néantmoins c'est

* n s^agit ici de la bataille de Newbury, livrée par le roi et le prince Rapert k Tarmée du comte d'Easex, et où les deux partis s^attribuèrent la victoire.

502 LETTRES d'hENRIETTE-MARIE.

une fort grande victoire. Il est vray que nous y avons perdu quantité d*honnestes gens, qui y ont fait des merveilles. Je vous asseure que nos gens, que j'ay amenés avec moy, n*ont pas mal fait, tellement que Ton peut dire que nostre armée du Nord a aydé à la desfaite. Je suis si lasse , non pas de m*estre battue , mais d'en avoir ouy parler, que je finiray en disant que je suis constamment

Vostre fidèle amie.

Oxford, ce 23 septembre 1643.

(HarL ms. ibid.)

AU CARDINAL MAZARIN

Mon cousin,

La mort du marquis de la Vieuville ' m'a laissé tant de ressentiment et de son mérite et de ses services qu'il m'a rendus jusques à la mort, que ne pouvant savoir comment en donner des preuves ny à son père, ny au reste de sa famille que par la prière que j'ay faile à la royne ma sœur, pour l'amour de moy, de les prendre en sa protection et par cela de m'ayder à satisfaire à une si grande obligation : ce que je demande aussy de vous, vous priant instamment d'y vouloir contribuer de vostre pouvoir et croire que vous obligerés une personne qui est véritablement, mon cousin,

Yostre bien affectionnée cousine.

Oxford, le 22 octobre 1643.

(Arch. des aff. étr.)

* Fils du duc de la Vieuville, surintendant dea finances ; il avait pris du service en Angleterre dans l'armée du roi, et ftit tué à la bataille de Newbuty.

LGTTIES D^HENRIETTE-MABIE. 503

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