AU COMTE DE GRIGNAN
Monsieur de Grignan, Testât où le roy mon seigneur se trouve réduit ne me donnant plus lieu d'attendre de le voir par les moyens qui se pouvoient espérer par cy devant, a esté cause que je me suis portée à la résolution de demander aux deux Chambres et au général de leur armée des passe-ports, pour Taller voir en Angleterre. Vous recevrés les ordres de monsieur le cardinal de faire ce que je vous prieray en ce rencontre, qui sera de rendre les lettres que je vous envoyé cy-jointes, selon leurs adresses *. Je ne spécifie pas dans les lettres aux Chambres et au général * autre chose que d'avoir la liberté d'aller voir le roy mon seigneur et me remets à ce que vous leur dires plus particulièrement. Vous saurés donc qu'il fault demander les passe-ports, pour y aller demeurer, autant de temps que vous pourries procurer et retourner quand je voudrois et que je sois en liberté le temps que j'y seray et tous mes gens, au regard desquels, il sera nécessaire de dire que j'envoyeray
* Ambassadeur de France à Londres.
* On sait que ces lettres firent portées à la Chambre des Communea et qu'aprèb délibération elles furent mises de c6té, sans avoir été ouvertes. (Rushwortb, vol. II, p. 1683.)
s Lord Fairfax.
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une liste de ceux de qui je souhaite me servir, afin que, s*il y en a dans le nombre qui leur soyent suspects ou pas agréables, ils les puissent oster. Il y a des lettres pour les Speakers des deux Chambres et pour le généra] ; vous verres toutes ces personnes et me ferés cognoistre de quelle manière ils recevront cette affaire et comment vous les trouvères disposés de satisfaire à ce qui est désiré. Je n*oserois me promettre qu'ils me veuillent accorder la liberté d*aller ; je la souhaite trop pour m'en asseurer dans un temps où mes désirs réussissent si peu, mais si, par vostre négociation, les passeports peuvent estre obtenus, je vous en auray obligation toute ma vie, comme je n'y laisseray pas, quoy qu'il en arrive, par les soings que vous y apporterés ; de quoy n'en faisant pas de doute, je n'adjousteray rien davantage que de vous asseurer que je suis véritablement, monsieur de Grignan,
Vostre bien bonne amie.
Du Louvre, le 6 de janvier 1616.
(Bibl. impér. de Saint-PctJTsbourgJ
AU MÊME
Monsieur de Grignan, depuis ma lettre faite, le subit parlement du roy Monsieur mon nepveu aempesché que mon cousin le cardinal Mazarin ne m'ayt envoyé la lettre qu'il m'avoit promise pour vous. Je crains que je ne l'auray pas assésàtemps pour l'envoyer par cette poste ; si cela arrive, je vous prie de ne laisser pas de faire ce de quoy je vous prie au regar^ de l'affaire, et que Mad. de Carlile vous proposera. Vous ne pouvés courre nulle
LETTRKS D^UBNRIKTTE-MARIB. 555
fortune d*esire désavoué, monsieur le cardinal me rayant promis, et qu*au premier jour vous la recevrés, mais, comme je crains que les affaires de delà ne demandent que Ton se haste, j'ay cru à propos de vous mander cecy. Je suis, monsieur de Grignan,
Yostre bien bonne <imie.
Paris, ce 6 janvier 16-19.
ihid. )