LE P. DE BÉRULLE EKYOYÉ A ROME
vaient pas pu ou n'avaient pas osé prendre un parti.
Au même moment , le père de Bérulle * , sous le prétexte d'un pèlerinage à Notre-Dame-de-Lorette , 8*acheminait vers Rome, afin d'obtenir la dispense nécessaire du pape Urbain VIII, parrain d'IIenriette- Marie , en dépit des intrigues espagnoles qui s'agitaient autour de lui. Le père de Bérulle emportait avec lui une lettre autographe de Louis XIII au Saint-Père, qui, en sollicitant la dispense, faisait ressortir les avantages de cette union, au point de vue des intérêts de TEglise ^ En Angleterre et en Ecosse, les catholiques, jusque-là clients dévoués de TEspagne, mais gagnés maintenant par les émissaires secrets de Richelieu ', adressaient lettres sur lettres au roi de France, pour lui exposer les avanies et les persécutions auxquelles ils étaient en proie, et le remercier en même temps des efforts qu'il faisait pour obtenir de Jacques I" un adoucissement à leurs maux. C'était là, en effet, une des questions sur lesquelles les ambassadeurs français avaient particulièrement mission d'insister et qui leur causaient le plus d'embarras.
Les lois anglaises contre le catholicisme étaient
* Pierre de Bérulle, né en 1575, fondateur de roi*dre des Carmélites et de la congrégation de l'Oratoire, jouissait de toute la confiance de Louis XIII et de sa mère. Il accompagna Henriette-Marie en Angleterre, mais il revint bientôt après k Paris. Elevé au cardinalat en 1627, il mourut au moment o& il célébrait la messe, en 1629.
* Ilippeau, Introduction aux Menu de Tilliêrea, p. xii.
' En Ecosse, les principaux agents de Ricbelieu étaient deux Écossais catholiques, nommés Watson et Seaton, qui déployaient dans leur mission Hecrète une activité sans égale.
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d'une sévérité excessive *, et le parlement, appuyé en cela par Topinion presque générale du pays, n'était pas d'humeur à les abroger, ni même à les laisser sans effet. Le roi Jacques, au contraire, qui, k bout de controverses religieuses, paraissait incliner alors vers le catholicisme, no demandait pas mieuxque d'entrer dans la voie de la tolérance ; mais il n'osait, pas plus que ses ministres, en faire un acte officiel, ni sanctionner cette grave infraction aux lois du pays par un article spécial du contrat de mariage, comme le demandait Louis XIU. Après de longues contestations, on finit par tomber d'accord que la France se contenterait d'un paragraphe secret, revêtu de la seule signature du roi Jacques, et ainsi conçu : <( Les catholiques anglais pourront dorénavant vivre en'sécurité et de leur personne et de leur vie, jouissant de leurs biens, et ne seront aucunement, ni en quelque temps que ce soit, surpris ou molestés '. »
Rendons justice à Jacques I" : dès que cet article eut été signé , il s'empressa de faire élargir un certain nombre de catholiques anglais, ecclésiastiques ou autres, qui attendaient en prison leur condamnation au bannissement ou à la mort. Il fit restituer les
* Ces lois portaient : bannissement des prêtres anglais qa'on trouvait officiant dans le royaume ; condamnation à mort pour avoir enfreint le ban ; obligation pour les catholiques de payer au roi 20 livres sterling par mois, si même il n'aimait mieux prendre les deux tiers de leurs biens en une seule fois ; paiement de dix sols par dimanche pour dispense d*aller au prêche. Tillières, latrod., p< xxix.
* Ms. des Archives du ministère des affaires étrangères, Angleterre, 1624.