‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 31 sur 143 · SATISFACTION DU JEUNE ROI · texte numérisé non relu

SATISFACTION DU JEUNE ROI

mena lui-même dans la chambre de la reine, où la belle et coquette duchesse les avait déjà précédés : le roi se montra aussi pour cette dernière de la plus parfaite courtoisie.

Une lettre qu'il adressa peu après à sa bellemère, Marie de Médicis , témoigne de toute la satisfaction que lui avait causée l'attitude d'Henriette pendant cette première et importante entrevue : « Lorsque nous nous sommes rencontrés à Douvi'es, écrit-il, je ne pouvois espérer plus de témoignages d*amour et de respect qu'elle ne m'en a montrés. Pour vous en donner un exemple, voici la première demande qu'elle m'a faite en particulier : « Jeune et arrivant en pays étranger, je puis commettre beaucoup d'erreurs, tant à cause de mon âge que par ignorance des usages d'ici ; je vous prie donc de ne pas m'en vouloir, pour les fautes que je ferai sans le savoir, avant que, par vos bons conseils, vous ne m'ayez appris à les éviter. Je vous demande seulement, en pareil cas, de ne pas user d'une tierce personne et de me dire vous-même en quoi je me suis trompée. » Je lui ai fait la promesse qu'elle me demandoit et je l'en ai remerciée, en la suppliant de me traiter comme elle désirôit que je la traitassi' moi-même *. »

Toute la cour quitta Douvres ce jour-là pour sr rendre à Cantorbery. On fit halte chemin faisant sur les dunes de Barham, où l'on avait dressé des

* Une copie de cette lettre fut trouvée dans la cassettf du roi, après la bataille de Naseby, et publiée dans les Âfémoires d'Edmond Ludiow en 1699.

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pavillons et préparé une plantureuse collation : là aussi attendaient en brillantes toilettes les plus g^randes dames du royaume, qui étaient venues saluer leur nouvelle reine. Charles aida cette princesse à descendre de son carrosse et lui présenta les dames : ce fut ainsi que, par une belle journée de juin et sur ce vaste et frais tapis de verdure, Ilenriette- Marie tint pour la première fois sa cour en Angleterre *. Lorsqu'on se remit en route vers Cantorbery, le roi fit quelques difficultés pour permettre à madame de Saint- Georges de prendre sa place dans le carrosse de la reine, et il fallut l'intervention des ambassadeurs de France, pour qu'il se décidât à Vy laisser monter, au lieu de Tune des «darnes^ <yiglaises*. Ce ne fut qu'un nuage^ et bientôt on arriva à Cantorbery ; la municipalité de la ville vint haranguer la reine, qui alla ensuite descendi'e au palais de l'archevêque, où un banquet magnifique attendait les royaux époux. Le roi y remplit près d'Henriette-Marie, avec un tendre empressement, les fonctions d'écuyer tranchant; il lui servit même du faisan et de la venaison , dont elle mangea , quoique* son confesseur, debout à ses côtés, lui fit observer <iue c'était jour de jeûne , la vigile do Saint-Jean, et qu'il ne fallait pas dès le début donner un pareil sujet de scandale en pays étranger. Mais la jeune reine, soit qu'elle craignit d'être désagréable k sou époux, soit que le voyage l'eût affamée, continua

« Miss StricUand.

* Tillièrea, Mém,, p. 90.

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