‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 41 sur 143 · EMBARQUEMENT DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

EMBARQUEMENT DES FRANÇAIS

lança à la tète une grosse pierre qui, sans l'atteindre elle-même, fit tomber son chapeau. Un des seigneurs anglais de la cour, qui était présent, indigné d'une pareille brutalité, tira aussitôt sa rapière et la passa au travers du corps de ce misérable ^

Un officier du roi accompagna les Français jusqu'à Douvres et ne revint rendre compte de sa mission, que lorsqu'ils furent tous embarqués, jusqu'au dernier valet *. Les seules personnes qui restèrent près de la reine furent sa nourrice, une femme de chambre et la duchesse de la Trémoille, qui était protestante. Le roi ayant envoyé des ordres à l'intendant du palais de Saint-James, pour qu'il y préparât des appartements convenables pour cette dame, celui-ci lui fit répondre que les officiers français de la maison de la reine avaient tellement souillé ce palais, qu'il faudrait trop de temps pour le purifier'.

Telle est la version donnée par les témoins oculaires ou les acteurs de cet événement : on y respire toute l'animosité qu'avait soulevée en Angleterre la présence de cette population trois fois étrangère , par le pays y par les mœurs et par la religion. Les protestants, et surtout les puritains, redoutant l'influence catholique de la reine et de ses compatriotes sur l'esprit de Charles , voyaient dans ces derniers une menace perpétuelle contre leurs

• EUis't hUtorieal Lettert,

• TillièrM, Mém.

• Ellia^s IbidL

croyances : le duc de Buckingham, en les expulsant, espérait à la fois ruiner le pouvoir de la reine et se rendre agréable à la nation anglaise ; enfin Charles, sous la double excitation de son amour jaloux pour Henriette et des suggestions de son favori , n'hésita pas à déployer dans cette circonstance une raideur et une sorte de brutalité, qui n'étaient pas dans sa nature. Nous croyons qu'il y eut des fautes commises de part et d'autre, et nous ne sommes point surpris que les choses en soient venues à cette extrémité , un an après le mariage. Ces étrangers implantés de force , pour ainsi dire , hors de chez eux pai* un simple contrat, suspects à tort ou à raison comme espions politiques d'un pays voisin, blessant, même sans le vouloir , les sentiments ou les préjugés de leurs hôtes, ont toujours amené tôt ou tard des complications qui ont dû motiver leur renvoi : c'est presque une nécessité. Quelque temps avant les faits que nous venons de rapporter, la cour de France avait agi de même vis-à-vis de la maison espagnole d'Anne d'Autriche, qui avait été aussi impitoyablement réexpédiée au-delà des Pyrénées. Si la forme de cette expulsion avait été moins rude et moins bruyante , elle avait été aussi beaucoup plus expéditive : Louis XIII n'avait pas eu les mêmes scrupules que Charles P', et pourtant en France la question religieuse n'y était pour rien. Quoi qu'il en soit, à peine arrivé à Paris, Tévêque de Mende éclata en plaintes amères sur les mauvais traitements que la maison de la reine d'Angleterre

DOLÉANCES D'hENRIETTE-KARIE. 97

avait eu à subir et il agit de tout son pouvoir près de la reine-mère pour qu'elle intervînt en faveur de sa fille, qu'il lui représentait comme prisonnière dans sa propre cour. De son c6té, la jeune reine jetait dans ses lettres des cris de détresse vers son frère Louis XIII, vers le cardinal et surtout vers Marie de Médicis : elle prenait avec ardeur le parti des officiers de sa maison et conjurait sa mère de lui envoyer le comte de Tillières, parce que, disait-elle, les Anglais en avaient grand'peur, et qu'elle était toujours moins maltraitée, lorsqu'il y avait en Angleterre une personne venant de la part du roi ou de la reine mère : « Je vous demande pardon, s'écrie-t-elle dans une de ses lettres, de vous importuner de si fâcheux discours , mais je ne sais à qui m'adresser , sinon à Votre Majesté , qui aura pitié d'une pauvre misérable comme je suis, et qui me permettra encore de la supplier que je puisse avoir Thonneur de la voir, car je ne puis être heureuse sans cela \ »

Cette idée d'un retour en France était devenu le rêve ardemment caressé d'Henriette -Marie , et il fallut pour l'en détourner toute l'autorité de sa mère, qui redoutait avec raison les graves conséquences que, dans l'état présent des choses, pouvait amener une pareille détermination. Cependant, émue des plaintes de sa fiile, elle résolut d'envoyer , avec la délicate mission d'intervenir dans

« Voir les lettres d'Henriette-Marie.

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ces difficultés conjugales , un homme de sens et d'esprit, dont l'importance personnelle put lui permettre de devenir une sorte d'arbitre entre les deux parties; cet homme fut le maréchal de Bassom* pierre * . On ne pouvait faire un meilleur choix dans ces épineuses circonstances : ancien compagnon d'armes, ami fidèle et dévoué de Henri lY, il ne transigerait jamais sur ce qui touchait aux droits ou à rhonneur de la jeune reine. D'un autre côté , son habitude des cours et la loyauté do son caractère lui donneraient le pouvoir de contenir au besoin dans des limites raisonnables les élans parfois inconsidérés de cette Âme ardente et fière.

Bassompierre arriva à Londres le 7 octobre 1 6S6 ; il y fut accueilli d'abord avec une extrême froideur, à peine si l'on consentit à lui rendre les honneurs dus à tous les personnages revêtus du caractère d'ambassadeur. Charles P', en outre du déplsdsir que lui causait sa mission, avait encore contre lui un autre grief ; c'était le retour du përe de Sancy

1 François de Bauompierre, aé en Lorraine en 1379, avait brillamment servi Henri IV, qui Tavait fait maréchal. Aaui intelligent que brave, il avait été employé avec snccès dans plusieurs ambassades dont nous avons le récit ; mais après son retour d^ Angleterre, s* étant attiré rinlmitié de Richelieu, il fut enfermé à la Bastille, où il resta douie ans. n n'en sortit qu'à la mort du cardinal et mourut en 1646. Il a laissé des mémoires intéressants pour rbistoire de son époque.

AMBASSADE DE BASSOMnERRË. 99

dont le caractère emporté n'avait pas peu contribué à faire naître les orages, qui signalèrent les premiers temps du mariage. Bassompierre ne l'avait ramené que par Tordre exprès de la reine mère et du roi Louis Xni, qui croyaient leur honneur engagé & ne pas céder sur t^e point. Buckingham agissant , disait-il, au nom du roi, vint trouver en secret le maréchal après sa première audience, et, lui offrant ses services avec tout Fempressement imaginable, annonça la détermination catégorique du roi de ne plus le recevoir avant le départ du religieux, sur lequel il insistait par-dessus tout. Buckingham ajoutait qu'il avait mis tout en œuvre pour aplanir cette difficulté ou pour ébranler au moins la volonté du roi, mais que toutes ses démarches avaient été vaines. Bassompierre , connaissant l'influence du duc sur l'esprit de Charles P% ne fut pas la dupe de ces belles paroles et ne répondit que par une politesse froide à toutes les avances du favori. Le roi fit encore à plusieurs reprises signifier à l'ambassadeur qu'il eût à se débarrasser du père de Sancy ; mais Bassompierre fut inflexible , menaçant même de quitter l'Angleterre immédiatement, pour aller rendre compte du mauvais succès de sa mission. Charles se décida enfin à lui donner une nouvelle audience, et le 1 1 octobre il envoya le comte de Carlisle chercher le maréchal dans les carrosses de la cour pour l'amener à Hampton-court. Ce fut le duc de Buckingham qui vint le recevoir à l'entrée du palais et qui l'introduisit dans la salle du trône, u J'ai

100 nENRIETTE-MARIE DE FRANGE.

trouvé, dit Bassompierre, le roi sur un théâtre élevé de deux degrés, la reine et lui en deux chaises, qui se levèrent à la première révérence que je leur fis en entrant. La compagnie était superbe et Tordre exquis ^ » Le maréchal fit au roi les compliments d'usage, puis, après lui avoir présenté ses lettres de créance, il voulut entamer le sujet pour lequel il était venu. Charles l'interrompit aussitôt, en lui disant que ces questions seraient traitées dans une audience privée , qu'il ofi*rait de lui donner à toute heure qu'il la demanderait. Pendant ce temps, la reine était sur le point de fondre en larmes devant toute l'assemblée; heureusement la duchesse de la Trémoille s'empressa de l'emmener fort à propos *. Le lendemain de cette courte audience, Henriette- Marie vint à Londres, où on lui permit de voir le maréchal et de lui parler en toute liberté. La conversation d'un homme qu'elle savait dévoué à elle ainsi qu'à toute sa famille, et l'intérêt qu'il lui témoigna de la part de sa mère et de son frère, furent un grand soulagement pour son affliction; elle commença dès lors à espérer un meilleur avenir. L'audience privée eut lieu à Hampton-eourt le 18 octobre ; elle dura deux heures et fut assez orageuse. Le maréchal y déduisit tous les sujets de plainte qu'avait donnés à sa cour le renvoi si brutal des Français; mais le roi , qui l'avait écouté de fort mauvaise humeur, prétendit qu'on lui avait mandé que Bassom-

* Mémoires de Bauompierre^ t. III, p. 290, édit. de 1723.

* Ambatsade de Bastompierre, tome IV, page 100.

CHABLES I*', BASSOMPIËRBE ET BUGKINGUAM. 101

pierre était chargé de lui déclarer la guerre de la part du roi de France et qu'il avait lieu de s'étonner de le voir manquer à son devoir, en ne le faisant pas. Alors, suivant sa propre expression, Bassompierre rompit la gourmette : « Sire, lui dit-il, je n'ai pas l'office de héraut, pour vous annoncer la guerre, mais bien celui de maréchal de France pour la faire, quand le roi mon maître l'aurait résolue : jusqu'à présent il fait avec vous comme un frère. » Le roi se calma et, en lui concédant quelque chose, le maréchal obtint beaucoup. « Je vis là, nous raconte-t-il, une grande hardiesse, pour ne dire effronterie, du duc de Buckingham, qui fut que lorsqu'il nous vit des plus échauffés , il partit de la main, et se vint mettre en tiers entre le roi et moi, disant : « Je viens faire le holà entre vous deux. » Lors, j'ôtai mon chapeau, et, tant qu'il fut entre nous, je ne le voulus remettre, quelque instance que le roi et lui m'en fissent, puis, quand il fut retiré, je le remis sans que le roi me le dit. Je voulus faire comprendre par là que ce n'était plus audience, mais conversation particulière, puisque le duc l'avait interrompue en se mettant en tiers \ » L'entretien terminé, le roi mena par plusieurs galeries l'ambassadeur chez la reine, avec laquelle il lui permit d'avoir un long entretien en tête à tète.

Les instructions de Bassompierre ne se bornaient pas aux arrangements à prendre pour la réorgani-

* MémoireM de BMêompierre^ iMem,

iO? HENRIETTE-MABIE DE FRANCE.

sation de la maison française de la reine , il était aussi chargé de réconcilier Henriette -Marie avec son époux et même avec le duc de Buckingham. En ménageant certaines susceptibilités, il ne devait pas être difficile de s'accorder sur le premier point ; il suffisait de faire cesser un malentendu prolongé entre amoureux. La question était plus épineuse en ce qui touchait Buckingham : la reine lui en voulait cordialement , comme à l'ennemi déclaré de son bonheur conjugal.

Bassompierre déploya dans toute cette affaire autant de tact que de persévérance j mais il ne fut pas exempt de nombreux accès de découragement. En écrivant à M. d'Herbaut^ il se plaint de la présence gênante du père de Sancy, qu'on lui avait imposé, au grand détriment de ses négociations; il déplore la versatilité du roi et le mauvais vouloir de son conseil ; il sait que Buckingham est Tennenii juré de la France et du cardinal de Richelieu, dans lequel, au dernier voyage, son amour-propre a été profondément blessé de trouver son maître en politique; le maréchal constate aussi les plaintes trop bien fondées, que lui adressent les marchands français, au sujet de leurs navires arrêtés dans la Manche,, par ordre du duc, et conduits à Falmouth, comme si on était en pleine guerre, parce qu'on les disait arrivés d'Espagne. Bassompierre ne se loue que de la reine Henriette : « C'est, dit-il, la meilleure

* Secrétaire d*État des affaires étrangères.

IftACGOMMODEMENT. 103

et la plus jolie princesse qui se puisse voir, et qui , contre mon attente, n'a aucune volonté particulière, se remettant en tout à celle du roi et de la reine sa mère : elle m'a dit que venant de leur part et me connoissant pour leur bon et fidèle serviteur, elle trouveroit bon ce que je ferois et qu'elle ne voudroit parler et agir que par mon conseiP. »

Nous nous garderons de suivre le maréchal au travers des détails si compliqués de sa conciliante mission, pendant laquelle il fut plus d'une fois obligé, quoi qu'il en dît, de faire d'assez vives remontrances à la reine pour la modérer dans ses exigences ' ; il en résultait parfois entre eux un certain refroidissement, mais ces nuages ne tardaient guère à se dissiper. Nous nous contenterons de dire que le raccommodement du roi avec Henriette-Marie fut complet et sincère, et qu'ils se firent beaucoup de caresses. L'accord de la reine et du favori fut plus apparent que réel : elle ne consentit à céder, même pour la forme, que sur les instances presque Aienaçantes du maréchal. Restait à résoudre la ques- |

tion de la maison française ; Bassompierre obtint enfin que, si elle n'était pas rétablie sur l'ancien pied, on accorderait au moins à la reine un certain

* Baisompierre, Mémoireg, ibid. '

* Un jour la reine se plaignait qne'ses intérêts n'étaient pas défendus assez chaudement et qu'elle ne pouvait obtenir tout ce qu'elle demandait : « Madame, lui dit Bassompierre, je vois Tétat des esprits dans votre royaume et

le grand cœur du roi à vous servir, k vous plaire, à vous aimer. Les choses i

sont arrangées à votre satisfaction, et, si vous en voulez plus, je dirai an roi votre frère et à la reine votre mère que le tort vient de vous. » — Bassompierre, Iiém,f t. m, p. 396.

nombre d'officiers , d'ecclésiastiques et de daines de son pays*.

L'affaire même des navires confisqués étai t en bonne voie d'arrangement, lorsque le maréchal apprit par une dépèche particulière que la cour de France, comme représailles , venait de faire saisir dans la Gironde toute une flotte anglaise chargée de vins. Il n'y avait donc plus rien à faire pour lui dans cette nouvelle phase de la question, et, sans instructions à cet égard, il ne put s'en occuper davantage. Il avait obtenu pendant ce temps-là un ordre du roi d'x\ngleterre pour faire cesser les poursuites exercées contre les catholiques anglais et de plus l'autorisation d*emmener avec lui en France seize prêtres condamnés à mort , pour avoir célébré la messe publiquement : leur peine fut ainsi commuée en celle du bannissement.

Le roi Charles, à qui Bassompierre s'était rendu fort agréable pendant les deux mois qu'il venait de passer à sa cour, assista avec lui à une magnifique fête de nuit, que leur offrit Buckingham, dans sa maison de York-house. Le favori faisait d'autant

* La nouvelle maison de la reine se trouva ainsi composée : doose prêtres ou capucins, y compris le confesseur de la reine, un grand chambellan, on secrétaire, un écujrer, deux dames du lit, trois femmes de chambre, une empeseuse, un gentilhomme huissier de la chambre privée, un valet de garderobe, un gentilhomme servant, un joueur de luth, dix musiciens, deux médecins, un chirurgien, un écuyer de cuisine, un apothicaire, un potager, un pâtissier, un boulanger, un pannetier, un écuyer du gobelet, en tout quarante-cinq personnes. Il est vrai que la maison de la reine ne fut ox^anisée sur ces bases qu'après l'expédition de la Rochelle et la mort de Buckingham ; quant aux douxe prêtres ou capucins, qui devaient desservir la chapelle, ils ne Airent installés qu'en 1630. '- Miss Strickland.

FÊTE d'adieu. 105

plus d'avances au maréchal qu'il rêvait encore une ambassade à Paris, où il se chargerait d'aplanir tout différend entre les deux couronnes, et que, n'ignorant pas qu'il s'était fait au Louvre de puissants ennemis, il espérait trouver dans Bassompierre un appui solide au milieu de ce terrain mouvant. « Le roi, raconte le maréchal, soupa en une table avec la reine et moi, qui fut servie par des ballets entiers à chaque service et des représentations diverses, changemens de théâtres, de tablés et de musique. Le duc servit le roy, le comte de Carlisle la reine, et le comte de Holland me servit à table. Après souper, on mena le roi et nous en une autre salle , où l'assemblée étoit et on y entroit par un tour comme au monastère, sans aucune confusion, où l'on eut un superbe ballet où le duc dansa. Et ensuite nous nous mismes à danser des contredanses jusqu'à quatre heures après minuit. De là on nous mena dans des appartements voûtés où il y avoit cinq diverses collations ^ »

Deux jours avant son départ «, Buckingham avait envoyé au maréchal lord Montagne, pour lui dire qu'il ne voulait pas accepter l'emploi d'ambassadeur en France, sans avoir pris son avis. Bassompierre lui

< Bassompierre*. Mémoire*, t. in, p. 306.

* Bassompierre partit comblé des marques do satisfaction du roi et de la reine ; cette dernière loi écrivit nne lettre, où elle le remerciait de tout ce qn*il avait fait dans son intérêt. Le maréchal n'eut pas le même bonheur après avoir quitté l'Angleterre. La traversée fut cruellement longue et si mauvaise qu'il y perdit une partie de ses effets ; d'un autre côté la cour de France le reçut très-firoidement, en se plaignant qu'il avait fait trop de concessions aux exigences de l'Angleterre, surtout en ce qui concernait la muson française de la reine.

répondit en toute franchise que le moment de ce voyage était mal choisi, qu'il ne serait sans doute pas bien reçu à la cour de France, et qu'en tous cas il le priait d'attendre qu'il lui fît savoir au juste ce qu'il en était, dès qu*il serait arrivé à Paris. Malgré ses mésaventures, l'invincible fatuité du favori de Charles P' ne pouvait prendre son parti de la froideur d'Anne d'Autriche ; il voulait de plus lutter encore une fois contre le cardinal, qui, pendant son dernier séjour à Paris, non content de lui avoir interdit tout accès près de la reine , avait refusé d'entrer dans une ligue contre l'Espagne, au seul bénélBce de l'Angleterre, et ne s'était pas fait faute, par de fréquentes avanies, de lui faire durement sentir son incontestable supériorité. Cette fois, l'orgueilleux duc devait éprouver un refus plus humiliant encore. A peine arrivé, Bassompierre lui écrivit de la part de la reine mère et du cardinal que sa venue ne leur serait nullement agréable et qu'il eût à renoncer à ses projets.

Ce rôle d'amoureux éconduit et d'homme politique sans conséquence était une vraie torture infligée à celui qui faisait ployer sous son autorité un royaume et son roi : aussi, sachant que le cardinal, qui redoutait, pour ses vastes desseins, l'intervention de l'Angleterre, cherchait à lui créer des embarras, en excitant sous main les catholiques d'Ecosse à la révolte*, Buckingham résolut de se venger à la fois

« Ti]lièr«8, Mém.

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