LA PAIX CONCLUE
La reine n'affecta point pour la mort du duc de Buekingham un chagrin qu'elle ne pouvait pas éprouver. Franche et sincère, elle n'était pas femme à afficher des sentiments qui n'étaient pas dans son cœur : le favori du roi n'avait-il pas été l'ennemi le plus perfide de son bonheur domestique? Elle aurait eu bientôt, d'ailleurs, pour la consoler, si elle en avait eu besoin, un événement heureux, qu'on dut en grande partie à son influence personnelle : ce fut la paix entre la France et l'Angleterre. Louis XIII, par égard pour elle , avait déjà renvoyé sans rançon les prisonniers anglais faits devant la Rochelle , et parmi eux lord Mountjoy, en les défrayant de tout jusqu'à Calais ^ : c'était là, disait-il, un présent qu'il faisait à sa sœur. Cet acte de courtoisie, imité par Charles P% amena un rapprochement entre les deux cours, et la paix fut conclue à Suze, en Piémont, par l'entremise des Vénitiens *.
Malgré sa pénurie d'argent, et quoique le Parlement eût refusé de voter les impôts nécessaires, à moins qu'il ne s'engageât à faire exécuter avec la dernière rigueur les lois contre les catholiques, ce qu'il refusa toujours, le roi s'occupait activement alors de la colonisation de l'Amérique '. Il favorisa ainsi Témigration d'un nombre assez considérable
mieux, répondit Ottiton^ se rendre an roi qui a su prendre la Rochelle, qu*à celui qui n'a pas su la secourir. » Hippeau, ItUrod, aux Mém, de Tillières,
p. XXXTI.
« Nemletten : llead to Stnteville. — Beaulieu to Puckerin;.
• Cotolendi. p. 31.
» CiMcrt and times of Chorlet /.
118 HENBIETTE-MARIE DE FBâNGE.
de catholiques , à la tète desquels était lord Baltimore S qui fonda la ville de ce nom dans la province de la Nouvelle-Angleterre, à laquelle, en l'honneur d'Henrietle-Marie, le roi donna le nom de Maryland.