LES ANNÉES DE MATERNITÉ
Avec la mort de Buckingham avait sonné pour Henriette Theure de la délivrance; il lui était désormais permis d'aimer et d'être aimée, et l'aurore des jours radieux s'était levée pour elle. Sa jeunesse et son cœur s'épanouissaient enfin, comme ces plantes longtemps privées d'air et de lumière, lorsqu'eUes reparaissent au grand éclat du soleil. Elle allait avoir dix-neuf ans ; sa beauté et sa grâce commençaient à briller de tout leur lustre, et l'amour du roi, libre enfin dans ses épancheménts, rachetait avec usure les chagrins des deux premières années. Ce prince, ferme seulement dans ses affections privées, s'attachait à elle avec cette ardeur passionnée, qui fit son bonheur à cette époque et sa consolation, lorsque les mauvais jours furent arrivés. Au moment dont nous parlons , et pendant dix-huit années , la fille de Henri lY connut tout ce
' 0«orge Calveitf lord Baltimore. Après avoir été membre da oonaeil privé de Jacques W et ministre d'Etat en 1619, il avait embrassé le catholicisme vers cette époque.