‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 49 sur 143 · JEUNESSE ET PLAISIRS · texte numérisé non relu

JEUNESSE ET PLAISIRS

entre toutes étaient, à la campagne, le vieux château de Woodstoek, et à Londres Sommerset-house, qui par son douaire lui appartenait en propre. Elle se plaisait, par-dessus tout, dans ce dernier palais : sa cour y était nombreuse, animée, et les plaisirs s'y succédaient sans interruption ; c'était de là aussi . qu'elle aimait à faire de longues promenades sur la Tamise. Un jour de printemps, elle s'était fait mener dans sa barque à Blackwall, où elle dina à bord du Ysdsseau le Neptune^ commandé par le comte de Warwick; de là, toute une flottille de gondoles brillamment ornées l'accompagna jusqu'au palais de Greenwich. Après s'y être reposée quelque temps, elle reprit à cheval le chemin de Sommerset>-house ; le comte de Warwick avec quarante ou cinquante cavaliers ouvrait la marche, la tête découverte, ainsi que le reste de la suite, à l'exception de quatre ecclésiastiques, qui avaient gardé leurs chapeaux noirs. La reine était masquée, de même que ses dames, toutes coiffées aussi de petits chapeaux noirs, parmi lesquels celui de leur maîtresse ne se distinguait que par une plume blanche ^ Dans ces promenades, Henriette montrait toujours cette gaieté communicative, qui est le sourire de la jeunesse et du bonheur.

Une autre fois, c'était la fête du 1*' mai 1631 ; il s'agissait d'aller en partie de plaisir cueillir la première branche d'aubépine fleurie. Voilà donc

* Newaletter» : M. Pory to D' Joseph Meade.

la jeune reine, vêtue à Tanglaise, à la tète d'au moins cent cinquante carrosses remplis de seigneurs et de dames et escortés d'une foule de gentilshommes à cheval : c'était une expédition complète partant pour la conquête de ce butin printanier. A peine la reine eut-elle découvert un buisson tout empanaché de ses fleurs, pareilles à des perles odorantes, que, s'élançant hors de son carrosse, elle courut se saisir de la première branche et la plaça en riant sur son chapeau : chacun s'empressa de l'imiter. On revint ensuite par la rivière, pour assister à une joute sur l'eau exécutée par de vigoureux Allemands, dont chaque chute était aussitôt saluée par des applaudissements joyeux '.

Henriette aimait aussi passionnément les jardins et les fleurs, qui comptaient alors peu d'amateurs en Angleterre. Elle avait installé à Wimbledon, Tune de ses résidences, un jardinier qu'elle protégeait tout particulièrement, et elle écrivait à sa mère pour lui demander l'envoi de nombreuses variétés de fleurs et d'une collection d'arbres à fruits, qu'elle naturalisa dans son royaume '.

Sur ces entrefaites, la reine donna des espérances pour la seconde fois , et elle en fit part , par une lettre, à Marie de Médicis. Comme les Français avaient attribué en partie la malheureuse issue des premières couches de la reine à l'horrible dureté de ces véhicules, aussi mal construits que galamment

* M" Everett Oreen, Letien of Henrietta-Mûria, p, 19.

* Ibid. — Misa Strickland, t. IV.

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