‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 51 sur 143 · NAISSANCE DU PRINCE DE GALLES · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU PRINCE DE GALLES

qui fui plus tard Charles II : c'était un enfant brun et vigoureux y qui brillait plus par la santé qiie par la régularité de ses traits; ainsi , du moins, Henriette le décrivait-elle à M** de Saint-Georges, quelque temps après sa naissance. Le jour de cet événement le roi se rendit à cheval, en grande pompe, à la cathédrale de Saint-Paul, pour remercier Dieu de rheureuse délivrance de la reine, et du fils quil lui avait donné. Au même moment apparaissait au ciel, en plein midi, une étoile brillante : « Présage de gloire et de bonheur I » s'écrièrent les poètes de cour en accordant leur lyre. « Signe de malédiction ! » murmuraient les puritains , qui ne voyaient pas sans une sourde colère la lignée royale continuée par une catholique, une fille de Heth, une Cananéenne et une idolâtre \ Au lieu de cela, Dieu ne semblait-il pas avoir désigné pour le trône la descendance , vraiment protestante , de la reine de Bohème? Telle était, dès cette époque, Topinion du parti calviniste d'Angleterre : c'était la révolution de

enfant royal fut baptisé le 2 juillet dans la chapelle protestante du palais de Saint-James, par les mains de Laud, alors évéque de Londres, assisté de l'évèque de Norwich, aumônier du roi. Les parrains étaient le roi Louis XIII et Marie de Médicis , et le champion protestant Palgrave dut répondre que l'héritier de la Grande-Bretagne serait élevé dans la

* Mi8s Strickland.

« Life of Henrietta-Maria, 1671.

doctrine de TÉglise d'Angleterre, que les parrains étaient bien loin de professer ^ Ce furent le due de Lenox, la vieille et fastueuse duchesse de Richmond et le marquis de Hamilton, qui les représentèrent au baptême. La vaniteuse duchesse se surpassa ellemême en munificence dans cette occasion : elle fit présent à Tenfant royal d'un joyau de la valeur de 7,000 livres sterling; à la nourrice, qui, suivant Fusage, venait du pays de Galles, elle donna une chaîne d'or de 2,000 livres sterling, sans compter une profusion de vaisselle d'argent et de couverts qu'elle distribua à la sage-femme et aux berceuses. L'éducation du prince fut confiée à M" Windham, à laquelle il s'attacha bientôt par une tendre affection et qui conserva toujours sur lui une influence consi* dérable'. La naissance du prince de Galles fut suivie, le 4 novembre 1631, de celle de la princesse Marie, qu'on livra aux soins de lady Catherine Stanhope , dont le dévouement resta toujours à la hauteur de sa mission : c'est cette princesse qui, dans la suite, épousa le prince d'Orange. Quelques mois après , la reine , qui , par l'entremise de lord Jermyn son chambellan, qu'elle avait envoyé en France, était restée en rapports d'amitié avec la duchesse de Chevreuse ; reçut d'elle un cadeau qui dut lui être particulièrement agréable : c'était un cabinet d'argent, dont les tiroirs étaient garnis de vases d'or contenant toutes sortes de parfums et

* Miss Strickland.

* ClarendoQ» Correspondance, appendix.

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