‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 52 sur 143 · CHARLES I*' EH ECOSSE · texte numérisé non relu

CHARLES I*' EH ECOSSE

d'eaux de senteur et qu'on estimait 12,000 écus^ Charles avait différé de jour en jour, son voyage en Ecosse, où il devait se faire couronner à Edimbourg ; il se décida enfin à se mettre en route au mois d'août 1632, mais, pour cette cérémonie, comme pour celle de Westminster, la reine ne consentit point à raccompagner. Il lui fallut donc se résigner à partir seul ; c'était leur première séparation , depuis l'arrivée d'Henriette en Angleterre , et la tristesse du départ n'en fut que plus profonde. Le roi ne doutait pas qu'il ne trouvât en Ecosse, berceau de sa famille, des sujets heureux de revoir enfin le rejeton de leurs anciens monarques. La cérémonie du couronnement eut lieu, en effet, à Edimbourg avec un certain éclat; mais Charles, obéissant aux conseils de Laud et emporté par un zèle intempestif pour la li* turgie épiscopale d'Angleterre, voulut l'imposer à ce royaume; il y rencontra une opposition violente, qui dégénéra plus tard en une véritable hostilité. Ces germes de discorde ne devaient pas en rester là ; la noblesse, craignant de perdre la jouissance des biens et des dîmes ecclésiastiques, que lui avait concédée jadis le régent Murray, et le peuple, fanatisé par ses prédicateurs presbytériens, se réunirent quelques années après pour jurer un nouveau Covenant^, qui

« Gazette de France, 23 avrU 1632.

* Le Covenant, du latin eonvertius, était une ligne on alliance qne les Presbytériens d'Ecosse avaient formée en 1586, pour lutter contre le catholicisme. Ils le renouvelèrent en 1638, pour s'opposer, par les armes , k TinTasion de plus en plus violente de la liturgie anglicane.

allait faire des Ecossais les alliés trop fidèles des puritains d'Angleterre.

Pendant Tabsence du roi, le 44 septembre 163â, Henriette-Marie posait la première pierre de la chapelle catholique, sur l'emplacement du jeu de paume de Sommerset-house. Cette cérémonie , qui eut lieu en grande pompe*, devant plus de deux mille personnes, excita vivement l'opinion populaire contre la reine , d'autant plus qu'en même temps une autre chapelle s'élevait au palais de Saint-James. Le mécontentement des sectaires n'empêcha point que le service catholique n'y fût célébré pendant plusieurs années avec toute la solennité possible, et bien que ce fait fût exploité sous main par les ennemis du roi contre son gouvernement, la reine se fit toujours remarquer par sa ferveur dans ces manifestations religieuses. « Dimanche dernier, écrivait au cardinal Barberini, l'un des missionnaires italiens. Sa Majesté la reine a communié pour la première fois en carême, et après le diner un sermon a été prêché dans la chapelle de Sommerset et dans celle de Saint-James, ce qui a lieu devant elle trois fois par semaine. Le prédicateur a parlé dimanche

* « La messe finie, Sa Majesté fut conduite par Tambassadeur de France. le marquis de Fontenay-Mareuil, au lieu où elle dovoit mettre la première pierre, qu'elle toucha de sa main royale, et puis tenant une truelle, dont le manche étoit couvert d'uu velours frangé, que lui présenta respectueusement rintendant de ses bastimeuts, elle prit du mortier d'un bassin tout éclatant d^or vermeil, et, avec une gHLce qui donnoit de la dévotion au peuple, elle en jeta par trois fois sur la pierre, où estoit enchâssée une grande plaque d*ar. gent, avec une longue inscription latine. » Cyprian de Oamaches, Ati, Bibliothèque nationale.

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