HARIE DE MÉDICIS EN ANGLETERRE
s'élança vers le carrosse et tâcha d'une main tremblante d'ouvrir la portière. Aussitôt que la reinemère fut descendue, Henriette se jeta à genoux, ainsi que ses enfants, pour recevoir sa bénédiction. Tous ceux qui furent présents à cette entrevue ne pouvaient retenir leurs larmes K Rien ne fut épargné pour fêter dignement Fillustre fugitive et sa suite : le S' Lebaty surintendant de sa maison, fut autorisé à marquer à la craie cinquante chambres du palais, toutes meublées avec un soin particulier par la reine d'Angleterre, dont l'unique pensée était de prouver à sa mère toute son affection '.
Par son esprit inquiet et par la turbulence égoïste de sa suite, nombreuse et famélique, Marie de Médicis paya d'un triste retour l'hospitalité si cordiale et si désintéressée, que lui avait offerte la famille royale d'Angleterre. Comme Tétat des finances de la cour ne permettait pas de satisfaire à toutes leurs fantaisies, dès que, par le conseil de son ministre Strafford, le roi eut réuni un nouveau Parlement, ces exilés n'hésitèrent pas à s'adresser aux chambres, pour obtenir quelques subsides. Inutile dajouter que, dans l'état de fermentation où les esprits se trouvaient alors , ces demandes inopportunes ne servirent qu'à exciter contre les étrangers l'opinion publique, qui n'avait pas vu sans mécontentement l'installation à la cour d'une nouvelle colonie catholique. C'était les larmes aux [yeux que, plus tard,
* XaiTAtion da S' Puget de la Serre, historiographe de Mario dn Môdicis. « /Wd.
Henriette-Marie racontait à M"*' de Motteville les pénibles tracasseries que la présence de sa mère avait causées au roi son époux , lorsque la crise politique commençait à prendre des proportions alarmantes \ Le sol, en effet, tremblait déjà sous le trône royal, et Ton pouvait distinguer les grondements du tonnerre, précurseurs de la tempête. Ce fut même au bruit d'une émeute sanglante dans le faubourg de Southwark, que la reine mit au monde, le 8 juillet 1639, son troisième fils, Henri, qui reçut le titre de duc de Gloucester. Dix-huit mois après, le 8 décembre 1640, Henriette perdait la plus jeune de ses filles, la princesse Anne, âgée* de quatre ans; quelques instants avant qu'elle expirât, on priait pour elle selon le rite protestant : « Pour moi , s'écria la reine, je ne ferai qu'une bien courte prière, mais je la répéterai du fond de mon cœur : « Éclairez mes <( yeux. Seigneur, afin que je ne dorme pas du som- « meil de la mort * ! »
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