‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 63 sur 143 · LA REINE SÉPARÉE DE SES ENFANTS · texte numérisé non relu

LA REINE SÉPARÉE DE SES ENFANTS

à Oatlands prendre les ordres de la reine, écrivait à (Charles V' le secrétaire sir Edward Nicholas ; elle m'a donné le papier ci-inclus, pour l'envoyer aujourrrhui même à Votre Majesté : elle le tenait de lady Carlisle, qui dit l'avoir reçu de lord Kimbolton. » Que renfermait ce papier ? le secrétaire ne le dit pas, mais on peut supposer que c'était quelque mesure déjà connue, pour enlever à la reine la tutelle de ses enfants et qui devait être publique deux ou trois jours après \

Cette séparation absolue d'Henriette et de ses enfants, pendant l'absence du roi, était devenue l'idée fixe des deux Chambres du Parlement. Les visites que le prince de Galles faisait à sa mëré étaient, à leurs yeux, devenues trop fréquentes et lord Holland • fut envoyé pour mettre un terme à cet état de choses. « Le prince de Galles n'est venu à Oatlands que pour fêter le jour de naissance de sa sœur '. » Telle fut la réponse d'Henriette à lord Holland , et il se retira.

Vers la même époque, le père Philippe fut appelé comme témoin devant la Chambre des Communes; il s agissait d'établir la culpabilité de Benson, un membre du Parlement, accusé d'avoir vendu sa protection

* Miss Strickland, t. IV, p. 207.

* Comme on le voit, Tattitude de lord Holland, vis-iirvis de la reine, s^était complètement modifiée. Qu'était-il arrivé ? Nous Vignorona ; mais nous serions disposés à attribuer ce changement à la fatuité non satisfaite de ce personnage. Ce qui est certain, c'est que, depuis cette époque, on le voit presque toujours agir en opposition avec la volonté ou les intérêts de cette princebse.

' Letten oftir Edward Nieholoi.

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aux malheureux catholiques. « II faut remarquer, dît miss Strickland , qu'en Angleterre la persécution sous toutes ses formes, outre les maux apparents qu'elle produisait, était toujours l'occasion de nombreux actes de corruption et même de vols *. » Le père Philippe refusa de jurer sur la traduction anglaise de la Bible, mais, au lieu de lui permettre de prêter un autre serment, on se livra d'abord à une discussion théologique et on le mit ensuite en prison, pour avoir dédaigné les Écritures autorisées en Angleterre. La reine envoya alors aux deux Chambres un message aussi sensé que conciliant; elle y disait que si son confesseur n'était coupable d'aucune faute commise avec mauvaise intention contre l'Etat, elle espérait que, par égard pour elle, on lui pardonnerait et qu'il serait mis eu liberté. La Chambre haute y consentit, mais les Communes lui refusèrent même le bénéfice de la liberté sous caution'.

Les ennemis de la reine se mirent alors à répandre le bruit qu'elle avait l'intention de quitter le royaume et d'emmener ses enfants. Laissons-la raconter elle-même, par la plume de M"' de Motteville, les tribulations que lui valut cette nouvelle attaque de ses persécuteurs : « Ils envoyèrent, de la part du Parlement, ordre à un gentilhomme qui commandoit le village où étoit sa maison, de se tenir prêt avec une certaine quantité de ses paysans armés et

* Miss Strickland, t, IV, p. 207:

* Letters of 9ir Edward Nicholas

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