‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 74 sur 143 · LA COUR A OXFORD. SOI · texte numérisé non relu

LA COUR A OXFORD. SOI

LA tiUERRE CIVILE.

Pendant quelques mois, la vieille et savante cité d'Oxford devint le siège de la cour d'Angleterre, dont la reine était la vie et le charme. Là s'était rassemblé autour de la famille royale tout ce qu'il y avait de raffiné, de chevaleresque, d'élégant et de lettré; on n'y parlait que guerre, amour et poésie. Le mécontentement du peuple , disait-on , serait à la fin réduit au silence par la force des armes, et la prérogative royale briserait alors toutes ces entraves. Henriette , enivrée par le succès , par les hommages de tous, par le pouvoir même qu'elle exerçait sur l'esprit du roi, ne voulait entendre à aucune transaction avec les rebelles : ne se croyait-elle pas sûre de la victoire définitive? pourquoi alors ménager des ennemis irréconciliables? Quelques politiques sérieux, et parmi eux Hyde, comte de Clarendon, ne voyaient pas sans inquiétude les dangereuses illusions de la reine ; ils savaient bien que les principaux chefs de la rébellion, qui avaient pris pour prétexte la défense de la liberté, n'avaient réellement qu'un but : s'enrichir en exploitant à leur profit la spoliation de TÉglise épiscopale et en s'adjugeant à eux-mêmes les faveurs qu'ils n'avaient

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pu obtenir de la cour \ Mais, d'un autre côté, ils ne se dissimulaient pas que Torganisation féodale, ainsi que la prérogative de la couronne poussée à Texcès, avaient fait leur temps et qu'il fallait désormais compter avec les antipathies politiques et religieuses exploitées par les factieux, et avec les -exigences de la nation. Ils souhaitaient donc un accommodemeat fondé sur des concessions de la part du roi, qui se trouvait d'autant plus à même d'en accorder qu'il était victorieux. Cette politique de conciliation dans l'état incandescent des esprits, avait-elle quelque chance de durée ou même de réussite immédiate? C'est là une question bien difficile à trancher ; les agitateurs avaient déjà trop à perdre, pour ne pas se montrer d'une exigence inadfleiissible aux yeux de leurs adversaires.

Quoi qu'il en soit, lord Clarendon, tout en considérant le caractère ardent et dominateur de la reine comme un obstacle sérieux à la solution pacifique •qu'il aurait désirée , n'en rendait pas moins pleine justice aux grandes qualités de cette princesse. <i L'affection du roi pour la reine, écrivait-il plus tard, se composait de conscience , d'amour , de générosité, de reconnaissance et de tous ces nobles sentiments qui élèvent la passion jusqu'à son paroxysme, de telle sorte qu'il ne voyait que par ^es yeux et ne se décidait que par son jugement. Non

* Miss StrioUând, t. IV, p. 228. Elle cite les noms de plusieurs des chefs lie la révolution, qui avaient déjà lar^ment profité des abus qu^ils avaient la prétention de réfbrmer.

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