‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 82 sur 143 · ATTACHEMENT DE LA REINE AUX INTÉRÊTS DU ROI · texte numérisé non relu

ATTACHEMENT DE LA REINE AUX INTÉRÊTS DU ROI

France, quî trouvait son avantage dans cette combinaison , devait se charger de fournir l'argent nécessaire y tout en se montrant peu disposée à soutenir directement la cause de Charles par un envoi de troupes françaises. D'un autre côté, la reine avait affaire aux catholiques irlandais , représentés à Paris par le comte d'Antrim et le colonel Fitz-Gérald, pour obtenir d'eux des secours en hommes, en armes et en vaisseaux/. Elle correspondait aussi fréquemment avec le roi et avec ses principaux adhérents ; mais elle était souvent obligée d'employer la main de Jermyn, ses forces ne pouvant suffire à ce travail incessant. Rien d'affectueux comme ces lettres, ni qui jjeigne mieux le dévouement et l'oubli absolu de soi-même : on sent que l'exilée n'a plus d'autre patrie que sa famille d'Angleterre, et qu'elle ne vit plus que sur l'espoir ardemment caressé d'un prompt retour. Son cœur est toujours plein de ses fidèles et loyaux partisans : « Surtout, écrit-elle à (Charles, gardez-vous d'abandonner ceux qui vous ont bien servi : les évèques et les pauvres catholiques. » On voit que, dans sa reconnaissance, Henriette-Marie enveloppe aussi bien les protestants que ses coreligionnaires : le malheur l'avait amenée à une tolérance que son zèle des premières années n*avaitpas connue. On raconte qu'à Saint-Germain, elle avait essuyé d'assez vifs reproches de sou confesseur, pour avoir permis h ses serviteurs anglais

• M" Everett Green» Letters of HenriettorMariat

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d'assister au prêche, et qu'il lui avait même manifesté la crainte de la voir devenir hérétique. La reine se contenta de lui répondre qu'elle restait toujours ferme dans sa religion, mais qu'en Angleterre on l'avait laissée libre de la professer, et qu'en France elle était résolue à permettre aux amis de son époux et aux siens de prier Dieu à leur guise \

Le Lou\Te et Saint-Germaip devinrent bientôt les lieux de rendez-vous des émigrés royalistes et des serviteurs de Charles I" forcés de fuir les rigueurs du Parlement. Entre ces bannis, se faisaient remarquer plusieurs des illustrations littéraires de l'époque en Angleterre, tels que Cowley, Denham et Waller. La reine accueillit, avec cette grâce qui lui était propre, ceux qui avaient chanté sa gloire dans des jours meilleurs , et à qui il ne restait plus pour asile que la terre étrangère. Là ne se bornait pas son intérêt pour ses amis ; dès que lui arriva la nouvelle de la funeste bataille de Marston Moor, où l'orgueilleuse témérité du prince Rupcrt causa la perte de l'armée, jusque-là victorieuse, du marquis de Newcastle', elle s'empressa d'écrire à ce dernier une lettre affectueuse, pour le consoler dans son découragement et ses dégoûts. Aussi, lorsque, traqué partout en Angleterre comme un criminel, il eut reconnu que son rôle actif était terminé sans ressources , vint-il en France se mettre aux ordres de la reine, et s'y dévouer à son service.

• Xewjf papent diarist.

* PoiTinchief.

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