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T. II, p

2l8 HENRY ARNAULD

dévotion des puissants Jésuites de la Flèche L L*évêque ne pouvait se flatter que l'esprit de son procès-verbal, sinon le texte, ne fût rapporté à Paris.

Le procès-verbal de Henry Arnauld est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en développer les détails. Il est sur le modèle des trois autres^; comme l'aurait dit l'évéque à Grandet, « il n'y avoit là rien de lui que son seing » et tous les mots en avaient été « pesez et concertez » auparavant'^ A l'égard du fait de Jansénius, il n'est ordonné, comme dans les mandements cassés, qu'une « soumission de respect et de discipline ». A la fin est transcrit le texte même du Formulaire accompagné d'ordres pour tous les prêtres du diocèse non présents à Saumur d'avoir à signer le procès-verbal dans les deux mois : injonctions tout à fait illusoires; les faire exécuter aurait été en effet communiquer le texte du procès-verbal à tout venant ; aussi verrons-nous qu'on ne parla plus de signature après l'assemblée de Saumur.

Le synode se tint le i5 septembre au matin, dans la salle haute de l'Oratoire de Saumur; cinquante et un curés

1. Le P. de Rochemonteix (le Collège Henry IV de La Flèche, t. I, p. 23o) reconnaît que les Jésuites de La Flèche informaient régulièrement Rome de ce qui se passait dans le diocèse.

2. Henry Arnauld aurait dit à Grandet (t. II, p. i5r) qu'il « n'y avoit pas une ligne de différence » entre son procès-verbal et les trois autres. C'est inexact : le propos a sans doute été infidèlement rapporté par Grandet.

3. Grandet, t. II, p. i5i. U Histoire des cinq propositions affirme aussi (t. II, p. 198) que Henry Arnauld dit, « devant des principaux de son clergé et des laïques », que « cela avoit été concerté parles meilleures testes du royaume et qu'il n'avoit fait qu'y mettre son nom, sans y changer une syllabe ». Du Mas est d'ailleurs renseigné de première main sur toute cette affaire, assurément par des témoins. Le texte du procès-verbal de Saumur a été publié en particulier par Grandet, t. I, p. 271; par Varet, t. II, p. 5o4; dans VHist. des cinq propos. , t. II, p. 189; dans [Quesnel], la Paix de Clément IX, recueil, p. 195, etc.

y étaient réunis. Henry Arnauld prit lui-même la parole et leur lut son procès-verbal d'un bout à l'autre. Bréchu, promoteur ^, demanda une seconde et une troisième lecture, que fit Musard^; puis l'évêque, signant deux copies^, les laissa sur une table. Tous les membres de l'assemblée les apostillèrent après lui.

Nous possédons encore l'un des deux originaux signés à Saumur; c'est celui qui fut envoyé par l'évêque d'Angers à la cour^; il porte cinquante-deux signatures, y comprise celle de l'évêque. Où peut être le second exemplaire? Est-ce celui que conservait Henry et qu'il montra à Grandet, qui en prit copie ^? Il nous semble que non, et voici pourquoi : le procès-verbal que nous possédons en original porte, avons-nous dit, cinquante-deux signatures autographes de curés et de bénéficiers. Sur ce document, les premières signatures sont celles de l'évêque; de Bréchu, le promoteur; de Lemercier, archiprêtre de Saumur; de Sanois, archiprêtre de Bourgueil; de Charpy, curé de Saumur; de Remollard, prieur-curé de Courléon, etc. Or, le document copié par Grandet porte bien les signatures de l'évêque, de Bréchu, de Sanois et de Lemercier, mais entre la signature de Lemercier et celle de Charpy est intercalée celle-ci : Antoine Arnauld^ docteur de Sorbonne^ chapelain de la Garenne dans l'église de Jumelle.

1. C'est un personnage auquel nous ne nous arrêterons pas dans notre petite galerie des jansénistes angevins; « homme de teste », dit Grandet (t. I, p. 117). Cf. rapport de Ch. Golbert (Marchegay, Arch. d'Anjou, t. I, p. i23).

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