Lettere, éd. citée, t. IV, p. i
4. A. d'Andilly, Journal inédit de 1621, éd. E. Halphen, p. 10.
5. Sans doute le 17 avril, d'après la lettre de Sébastien Bouthi-
comme cardinal français en faisant peindre dans son salon principal les fleurs de lis jointes à l'aigle et au dragon des Borghèse*. Par malheur, le pape Paul V était mort et son successeur Grégoire XV nourrissait une profonde aversion pour Bentivoglio-. Celui-ci se trouva donc éloigné des affaires et s'enrôla parmi les adversaires du cardinal-neveu Ludovisi.
Henry Arnauld n'eut, par suite, aucun rôle actif à tenir au début de son séjour à Rome. L'endroit était choisi à souhait pour observer les péripéties dramatiques de la crise européenne. Le saint-père pesait de toute son autorité sur les événements de l'année 162 1, qui laissèrent une trace si profonde dans les destinées de la France 3. Suivant son devoir spirituel, le pape conseillait aux Français la paix avec l'Espagne et la guerre intérieure contre les protestants : mais, si le souverain pontife devait éviter que les cathoJiques se déchirassent entre eux, l'intérêt de la France était tout opposé. Luynes eut le tort immense de le méconnaître. Au lieu d'exiger, fût-ce par la force, l'exécution intégrale du traité de Madrid^ et l'évacuation de la Valteline, il décida de combattre les huguenots languedociens. La « faction transmontine » fit triompher cette politique catholique dont les motifs sont sublimes, mais qui fut désastreuse pour la France. D'ailleurs, les ferments de discorde travaillaient à la cour de Grégoire XV, médiocre soulier datée de Rome le i5 avril 162 1 (Arch. des Aff. étr., Rome 27, fol. 26).
1. Bentivoglio à Puisieux (Bibl. nat., ms. fr. 18017, fol. 433).
2. Cf. Berthold Zeller, Richelieu et les ministres de Louis XIII de 1621 à 1624, p. 5i et sùiv., et, en appendice, les extraits de la Vie de Grégoire XV, par Théodore d'Ameyden.
3. M. Hanotaux a insisté sur l'importance de l'année 1621, « climatérique dans l'histoire de l'Europe » {Hist. de Richelieu, t. II, p. 479).
4. i5 avril 1621 : Hanotaux, Ibid.^ p. 435; B. Zeller, Ibid., p. 29.
verain. Bentivoglio, instrument dévoué des rancunes du cardinal Borghèse, s'égara dans des disputes mesquines. Il chercha tout d'abord à combattre le cardinal Ubaldini et son ami le marquis de Cœuvres, ambassadeur de France, qu'il espérait tous deux « faire crever de rage^ ». En peu de semaines, il réussit à éloigner Cœuvres^; mais les façons cavalières du cardinal de Sourdis, qui lui succéda par intérim, ne lui parurent guère moins déplaisantes^.
Ces mines et ces contre-mines semblent bien méprisables à côté des graves événements dont le Languedoc était alors le théâtre. Luynes avait armé le roi pour li guerre civile. Louis XIII quitta Paris à la tête d'une armée le i^'" mai 162 1. Andilly suivit la campagne comme secrétaire du surintendant des finances Schomberg et prit soin de tenir son frère Henry au courant des moindres faits d'armes. Il lui décrivit, en particulier, la prise de Clairac^, ce qui permit à Bentivoglio de répandre à Rome le bruit de ce succès, le seul d'une campagne lamentable. L'action d'Andilly ne dut pas être étrangère au brevet qui fut expédié à M. de Trie à la date du 20 août 1621 « au camp devant Montauban », trois jours après l'ouverture de la tranchée, par lequel le roi, « mettant en considération l'affection que le sieur Arnauld de Trie faict paroistre au bien de son service, à l'exemple du feu sieur Arnauld son père et du sieur d'Andilly son frère », lui accorde une pen-
1. « Spero ch' al fine pur crepperanno di rabbia » (Bentivoglio à Puisieux, Bibl. nat., ms. fr. 18018, fol. 3o2).