Varet, t. II, p. 320 et suiv
5. « Il faut, écrit Henry Arnauld, que vous me permettiez de prendre la liberté de vous dire qu'il y a de certains termes dans l'arrêt du Conseil qui m'ont surpris; mais l'on me fait espérer que l'on réparera cella dans la déclaration : c'est vostre ouvrage; vous ne le laisserez pas imparfait... « (lettre autographe à Lionne, Angers, i3 novembre 1668 : Atf. étr., France 1483, fol. 3o6vo). Il est inutile d'ajouter qu'il n'y eut aucune « réparation ».
évêques la parfaite innocuité de l'arrêt du Conseil; ce fut bien difficile, car les Jésuites prenaient une attitude victorieuse ^
Néanmoins, le bénéfice de la paix allait se faire sentir. Le 27 octobre, le roi répond par une lettre uniforme à celle que lui avaient adressée les quatre, et cette lettre est remplie de ménagements-; le 3o, Sacy sort de la Bastille.
Cependant, Clément IX tardait à envoyer les brefs promis aux quatre évêques, et les médiateurs s'en inquiétaient fort; le bruit qui commençait à courir avec persistance, que le cardinal Albizzi et les Jésuites intriguaient sans trêve à Rome^\ n'était pas pour les rassurer. Sur les instances du QuirinaH, Vialart signa, au nom des prélats négociateurs, une déclaration qu'il remit au nonce, apostillée par Antoine^. Sans dévoiler crûment les convictions des quatre évêques, ce texte expose en somme la situation avec une clarté très suffisante : « Quant à l'attribution de ces propositions au livre de Jansénius, évêque d'Ipre, ils (les quatre) ont encore rendu... au saint-siège toute la déférence et l'obéissance qui lui est due..., qui est de ne dire ni enseigner rien de contraire à ce qui a été décidé par les Papes sur ce sujet. »
« Il faudrait être stupide et ignorant au dernier point pour ne pas voir dans cet acte la distinction du fait et du
1. Lionne à Bourlémont : Rome 198, fol. 36i ro. Pavillon menaça de tout révéler (Varet, t. II, p. Syô).
2. Varet donne (t. II, p. 362) la lettre à Pavillon. Celle adressée à Henry Arnauld se trouve aux Aff. étr., France 1483, fol. 362.
3. Bourlémont à Lionne, i3 novembre : Rome 194, fol. 65 v» : « Les Jésuites ne peuvent digérer cet accommodement », etc.
4. Voir la relation dite du cardinal Rospigliosi {Hist. des cinq propos., t. II, p. 236).
5. Varet, t. II, p. 405. Vialart en envoya un exemplaire à Henry Arnauld, qui eut à le signer à son retour de Rome (Grandet, t. II, p. 146).
droit », écrit Quesnel^ C'est assurément exagéré, mais, sans avoir à lire entre les lignes, il semble évident que le texte cité de Vialart équivaut bien à « silence respectueux ». Les procès-verbaux se servent de termes plus nets, mais qui ne paraissent pas moins clairs. Or, cette déclaration fut approuvée à Rome; c'est alors seulement, — Harlay, archevêque de Rouen, s'étant porté garant de la « sincérité et de la droiture » des quatre évêques^, — que le pape se décida à leur expédier un bref d'approbation (19 janvier 1669). Le nonce le communiqua au roi le jour de la Purification, en audience solennelle. Les sacrements furent rendus aux religieuses de Port-Royal en ce même mois et une médaille commémorative jetée dans les fondations du nouveau Louvre s. Par reconnaissance pour les bons procédés du pape, Vialart garda jusqu'à sa mort, dans sa chambre, un portrait de Clément IX'*. C'est alors que Henry Arnauld écrivit aux religieuses la lettre dont nous reproduisons plus loin le texte et le fac-similé^.
Gondrin seul ne profita pas de la paix; dès la fin d'octobre 1668, il avait été disgracié pour avoir publié un mandement trop net contre les concubinaires publics ^^ : il était l'oncle de M. de Montespan, et Fontainebleau se trouvait au diocèse de Sens.
Il y a peu d'événements qui aient été l'objet de plus de louanges et de blâmes que la paix de l'Eglise. On n'a « jamais vu parmy des chrétiens une prostitution plus