‹ Henry ArnauldChapitre 118 sur 267 · Rome 196, fol. 168 r · texte numérisé non relu

Rome 196, fol. 168 r

4. Voir Hist. des cinq propos., t. II, p. 237; [Quesnel], Paix de l'Église^ p. 184 et suiv.

l'autorité et surtout le prestige du saint-siège, le pape usa d'une grande délicatesse pour ramener plus sûrement au bercail les brebis qu'il jugeait égarées. Il permit donc aux quatre évêques de placer dans les procès-verbaux secrets leur amour-propre et un peu leur doctrine à couvert. Clément IX y mit du sien; les quatre évêques firent des concessions non sans regimber : « L'accortise italienne, dit Voltaire à ce sujet, calma la vivacité française ^ »

Dans une conversation qu'il eut plus de dix ans après la paix de l'Eglise avec Grandet, Lanier et Maillard, Henry Arnauld nous donne son avis sur les négociations dont il avait été l'un des objets. Comme ces conversations sont rapportées par Grandet, qui est en ce cas fort sujet à caution^, son récit ne peut être accepté que sous les réserves les plus expresses. Mais, étant donnée l'opinion directement opposée à la nôtre qu'il professe, ce que l'on peut trouver chez lui à l'appui de notre thèse est d'autant plus précieux. Grandet raconte qu'il interrogeait précisément Henry sur la différence de doctrine qui se manifestait entre le procès-verbal de Saumur et certains actes publics des quatre évêques; l'évêque lui répondit^ : « Que vous êtes d'étranges gens; vous ne pénétrez pas dans les grandes affaires ny les affaires des grands ; ne voyez-vous pas qu'il faut contenter tout le monde? » Et, mettant sa main devant son visage, il ajouta : « Il se faut quelquefois boucher les yeux de peur de voir trop clair. Il falloit que cela fût ainsi. » Ailleurs^, nous pouvons entendre Henry Arnauld montrer les concessions que le pape dut faire : « Cette affaire, dit-il, étoit extrêmement délicate et embar-

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