‹ Henry ArnauldChapitre 13 sur 267 · Le i3 décembre · texte numérisé non relu

Le i3 décembre

3. Nous avons l'heureuse fo^'tune de posséder entière l'importante correspondance de Puisieux avec Bentivoglio qui s'étend de 162 1 à 1625. Les lettres originales de Puisieux sont conservées dans les archives des Bentivoglio à Ferrare, celles de Bentivoglio se trouvent à la Bibliothèque nationale.

4. Charlotte d'Estampes-Valençay, seconde femme du marquis de Puisieux, sœur du cardinal de Valençay et de l'archevêque de Reims, célèbre par sa beauté et ses intrigues (cf. Tallemant des Reaux).

de lui donner assez d'indulgences pour l'envoyer en paradis, même malgré elle^ Dévorée d'ambition, elle jouait à la reine dans son merveilleux château de Berny. Bentivoglio encombrait les felouques et les voitures postières de marbres antiques, de toiles de Corrège et du Guide pour embellir // nostro Berni'.

Henry Arnauld profita de cette généreuse amitié, d'autant mieux qu'Andilly devint l'agent d'affaires officiel de Bentivoglio en France-^ Puisieux, qui aimait bien ses amis, comblait le cardinal de riches bénéfices : l'évêché de Riez, l'abbaye de Saint-Valery-sur-Somme. Andilly n'y voyait alors aucun scandale et donnait la main à ces marchés en prêtant serment comme procureur pour l'évêché et en réglant la distribution des revenus de Saint-Valery^. Enfin, sur ses instances et celles de Henry, le Trésor royal, épuisé par les guerres protestantes, paya régulièrement, et sans diminution, au comprotecteur son exorbitante pension de dix-huit mille livres^

1. Bentivoglio appelle souvent Mme ^q Puisieux « la superba », « la superbaccia ». « La quale venga pure a Roma ch'io la voglio far metter ail' Inquisitione corne Ugonotta, anzi corne introdutrice d'una nuova setta ch'è l'adorar la sua propria bellezza... Aspetto dunque il giorno dell' esser Papa... ch'io sia per dare a lei tante indulgenzie che l'habbiano a mandar in Paradiso anche al suo dispetto » (Bentivoglio à Puisieux, Bibl. nat., ms. fr. 18018, fol. 206, et 18017, fol. 299).

2. Voir passim dans le ms. de Ferrare et ceux cités ci-dessus de la Bibl. nat. — C'est au fol. 36o du ms. 18018 qu'il s'agit de V Aurore du Guide.

3. Bentivoglio à Puisieux, le 3 novembre 1621, ms. 18017, fol. 298.

4. Bentivoglio à Puisieux, i^r juin et ler août 1622, ms. 18018, fol. 425 et 509. Saint-Valery avait été résigné à Bentivoglio par le cardinal Montalte, moyennant une pension de 9,5oo livres. En 1623, Bentivoglio voulut faire passer l'abbaye sur la tète d'un de ses neveux (ms. fr. 18019, fol. 197).

5. « Il sign. di Trie, ch'è qui appresso di me, ne scrisse anch' egli al sign. d'Andigli » (Bentivoglio à Puisieux, i5 décembre 1621, ms. fr. 18017, fol. 482; cf. aussi fol. 298).

Ces bons offices n'étaient pas étrangers à l'affection et à la confiance que Bentivoglio témoignait à son secrétaire; il le comble de louanges, qui reviennent sans cesse comme un refrain dans ses lettres à Puisieux : M. de Trie « montre au service de Sa Majesté tout le zèle qui se fait attendre d'une personne de sa qualité, accompagnée de beaucoup de jugement et de prudence... C'est la bonté et la modestie même^ ». Henry Arnauld est en effet très actif; il sert d'abord d'intermédiaire habituel entre Sourdis et son maître-. Puisieux, qui considérait TÉtat comme une terre de famille, nomma son oncle, le commandeur de Sillery, ambassadeur à Rome-^; alors, les rapports entre le palais de l'ambassade et celui du cardinal comprotecteur devinrent très cordiaux. Accompagné de M. de Trie, Bentivoglio alla rencontrer le commandeur à Bagnaia, chez le cardinal Montalte (i5 mai 1622), et l'escorter dans son entrée solennelle à Rome^. Des relations personnelles se

1. « Egli ha mostrato verso il servitio di S. M. quel zelo che si poteva aspettare da una persona délia sua qualità accompagnato da molto giuditio e da molta prudenza » (Bentivoglio à Puisieux, ms. fr. 18018, fol. 235). « ... Questo suo fratello [di M. d'Andigli] è la bontà, la virtù e la modestia medesima )> {Ibid., fol. Sy?).

2. H. Arnauld tint ce rôle en particulier dans les discussions protocolaires avec l'ambassadeur d'Espagne : « In questo negotio, corne in molti altri ancora. io mi son valso qui del sign. di Trie » (Bentivoglio à Puisieux, 9 avril 1622, ms. fr. 18018, fol. 235), et aussi dans les négociations entre Sourdis et Bentivoglio au sujet de la promotion de Richelieu [Ibid., fol. 376; voir aussi fol. 28).

3. Noël Briilart de Sillery, commandeur, bailli, grand-croix de Malte, né le 25 décembre 1577, ordonné prêtre en 1634, meurt le 26 septembre 1640. C'est le frère du chancelier de Sillery (cf. Vie de l'illustre serviteur de Dieu Noël Brùlart, Paris, 1843). Puisieux annonça à Bentivoglio la nomination de son oncle comme ambassadeur, par lettre du 23 février 1622 (orig. Ferrare, arch. Bentivoglio, recueil cité). Les instructions diplomatiques du commandeur sont datées du 18 mars (arch. Atf. étr., Rome, t. 3o, fol. i). Bentivoglio avait adressé ses félicitations à Puisieux le 6 mars (ms. fr. 18018, fol. i3o).

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