Grandet, t. I, p
lui un petit « directoire d'études ^ ». Sa liaison très intime avec Henry Arnauld nous rend d'autant plus sensible la perte presque certainement définitive du journal qu'il rédigeait^.
Personnage très effacé, mais bien plus inséparable encore de son évêque, fut Balthasar Musard, fils d'un bourgeois de Paris. Henry Arnauld l'emmena, à titre de secrétaire, à Rome, où il déchiffrait le courrier diplomatique 3. Depuis ce temps, Musard suivit les destinées de son patron; fixé avec lui à Angers, il y épousa en i655 la fille du maître des maîtres-bouchers^. Lorsque Henry Arnauld devint aveugle, Musard se chargeait de toute sa correspondance ; « il n'est pas plaisant, écrit le bon Grandet, que des affaires de conscience et très secrètes soient vues par un laïc'' ». Port affirme que Henry Arnauld allait presque chaque année en villégiature chez son secrétaire au château de Grignon, à Morannes^.
Pour terminer ce tableau sommaire des amis et conseillers de Henry Arnauld au point de vue qui nous intéresse, il faut considérer maintenant son compagnon de tous les instants, l'abbé Antoine Arnauld, fils aîné d'Arnauld d'Andilly, dont les mémoires autobiographiques sont bien connus. Soldat passablement galant^, ayant aussi des