‹ Henry ArnauldChapitre 153 sur 267 · Récit. ..y p · texte numérisé non relu

Récit. ..y p

3. Henry Arnauld leva d'ailleurs sa sentence au bout de peu de temps. Cf. Aff. éir., France 14S3, fol. 489 et 440.

4. AfT. étr., France 1483, fol. 489 et 440. Cette note, qui n'est ni signée ni datée, est d'une écriture contemporaine et provient évidemment d'un des informateurs habituels de Châteauneuf.

alla, dès le dimanche i6 mai, trouver Tarchevêque de Paris, qui lui indiqua très franchement le seul moyen possible pour tirer l'évêque de cette impasse : composer une nouvelle ordonnance portant que les effets de la première seront annulés jusqu'à ce que le roi ait jugé de l'affaire; en même temps, M. de Benjamin, qui était présent, en dressa un projeta Henry Arnauld refusa d'y souscrire par une lettre que reçut son frère le 26 mai. Ses raisons étaient, d'abord, qu'il avait relevé Buhigné de sa suspense ; ensuite, qu'il suffisait de lire attentivement son ordonnance pour voir qu'il y était fait réserve de la sentence définitive du roi. Antoine Arnauld, étant malade, ne put porter cette lettre à l'archevêché, et c'est Varet, l'historien de la paix de l'Eglise, grand vicaire de Sens, qui la fit tenir à Benjamin le 28 mai. D'ailleurs, il était trop tard, et il est même curieux de constater que Harlay cherchait encore à négocier l'avant-veille de l'arrêt de Ninove. Comme Antoine dut prendre médecine le 3 juin, il ne put aller au rendez-vous que lui avait fixé l'archevêque, sans doute pour lui annoncer l'arrêt.

Il est très heureux, en somme, que Henry Arnauld ne se soit pas prêté à un pareil arrangement de la dernière heure. Il aurait souffert toute la honte d'une rétractation si rapide et il n'y aurait trouvé aucun avantage, puisque la cassation vint trop vite pour être prévenue. On négociait encore à Paris quand, au Conseil du roi en Flandre, l'affaire était jugée; il est assurément étrange de voir, dans ces conditions, l'archevêque de Paris se prêter aux préliminaires d'un accommodement! On peut découvrir la raison de ce singulier défaut d'information soit dans la diminution de l'influence de l'archevêque sur le roi, très sensible

I. Ce projet est annexé à la note, fol. 441. Charles de Hennique de Benjamin, ancien vicaire général de Sens, était officiai de Paris et curé de Saint-Nicolas-du-Ghardonnet.

depuis 1675', soit encore dans les conditions matérielles qui empêchaient Harlay d'entretenir une correspondance régulière avec le Conseil pendant les campagnes; mais il semblerait injuste d'accuser le prélat de duplicité. En cela, nous ne sommes pas d'accord avec certains historiens jansénistes qui se disent persuadés de la fourberie de Harlay. Ainsi le bon Guelphe, le fidèle « petit amy » d'Antoine Arnauld-, en arrive à dénaturer complètement les faits dont nous venons de donner le récit et à rendre monstrueux le rôle de Harlay^. Racontant la brouille du docteur Arnauld avec l'archevêque, il prétend en découvrir Forigine dans un « manque de parole » du prélat dans l'affaire d'Angers. Harlay ayant assuré qu'il arrêterait la suppression de l'ordonnance par le roi si Heniy Arnauld la rétractait, Tévêque d'Angers, confiant en sa promesse, se serait conformé à ses conseils, et cependant Harlay n'aurait rien fait pour empêcher la cassation.

Si nous mettons à part le récit de ces faits notoirement falsifiés par Guelphe et que nous ne retrouvons d'ailleurs jamais, sous une forme quelconque, chez aucun autre historien janséniste, il n'y a pas d'injures ni de blâmes dont les écrivains de ce parti n'aient accablé Harlay au sujet de l'Université d'Angers. Guilbert^, en particulier, le traite de façon très grossière, l'accusant même d'avoir intercepté une lettre d'Antoine Arnauld à la sœur Marie-Constance et d'avoir épanché sa colère en compagnie de Beaurepaire, cet ancien valet du boucher de Port-Royal qui avait trahi

1. Cf. une note de M. de Boislisle : Saint-Simon, A/emoire5, t. I, p. 199. Voir aussi Ibid.y p. 348.

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