Andilly, Mémoires, p
3. Cette lettre autographe, signée « Arnauld de Trye » et datée de Rome, le 27 mars 1624, est scellée d'un cachet de même empreinte que celui du ms. fr. 18017, fol. 184. Elle se trouve aux arch. des Aff. étr., Rome, t. 33, fol. 98 : « Bien que voz continuelles et importantes occupations me facent appréhender de vous divertir par mes lettres, j'estimerois néantmoings faillir encor davantage sy, cognoissant le bonheur qu'a mon frère d'estre extrêmement aymé de vous et combien il se tient vostre obligé, je ne vous suppliois très humblement, Monsieur, que je ne luy cède point en la passion qu'il a pour vostre service... »
en courtisant les vainqueurs, il n'abandonna pas les vaincus. Le commandeur de Sillery s'obstinait à nier, malgré l'évidence, la disgrâce des siens, et il poursuivait ses malheureuses négociations avec le Saint-Siège au sujet de la Valteline. Il ne quitta Rome que le 20 avriH. Henry Arnauld eut le courage de l'accompagner sur la route des Alpes et de rester en correspondance avec lui^.
Le commandeur avait eu une attaque de colique bilieuse en apprenant son rappel^. La santé de Bentivoglio n'en fut pas moins atteinte. Philippe de Béthune, le nouvel ambassadeur à Rome^, écrivait le i5 juillet : « Le cardinal Bentivoglio a eu une maladie depuis quelque temps accompagnée d'une grande mélancholie, que la cour tient luy procéder de la chute de ces messieurs, et il y a quelques jours qu'il envoya vers moy me dire qu'il estoit en peine de ce que quelques-uns luy mandoient de France qu'on ne le tenoit plus pour confident...^. » Henry Arnauld avait été sans doute l'émissaire choisi par le cardinal. Béthune lui répondit poliment, mais en termes évasifs. Son instruction diplomatique lui ordonnait de témoignera Bentivoglio « en apparence une grande confiance ^ », apparences bien fragiles, puisque l'ambassadeur méditait le retrait du comprotectorat.
Cependant, La Vieuville allait à son tour disparaître
1. Arch. des Aff. étr., Rome, t. 3o, fol. 124. Dès le 3 mars, le sieur de la Picardière était arrivé à Rome pour annoncer à Sillery son rappel et préparer avec le cardinal de la Valette l'intérim de l'ambassade (arch. Aff. étr., Rome, t. 33, fol. 76).
2. Cette correspondance a malheureusement disparu. Une note contemporaine, insérée au début du ms. fr. i562o de la Bibl. nat., témoigne de son existence.