Rome, t. 33, fol
devant Richelieu*. Son court ministère fut marqué pour Henry Arnauld par une grâce nouvelle. Il fut investi le 20 mars 1624 de la charge d'aumônier ordinaire du roi^. Pourquoi le ministère jugea-t-il l'abbé de Saint-Nicolas digne de ce privilège, alors même qu'il songeait à embastiller Arnauld d'Andilly^. Cette petite énigme ne peut être résolue que par des hypothèses. Il est possible que La Vieuville ait servi en cela d'exécuteur aveugle d'un legs des Brùlart. Andilly, qui avait le goût inné de la dépendance et dont la politique était « de faire des amis », entretenait des relations dans l'entourage du ministre ennemi. La puissance de La Vieuvilie était trop chancelante pour empêcher d'Herbault ou Brienne de faire sceller un brevet selon leur bon plaisir.
Cette nomination d'aumônier ordinaire du roi fut suivie de l'engagement défintif de Henry Arnauld dans la carrière sacerdotale. Faut-il chercher dans des scrupules de conscience le motif d'une pareille temporisation. Depuis 161 5, il restait simple clerc tonsuré. Les bulles de Saint- Nicolas lui imposaient l'obligation de prendre les ordres dans le délai d'un an. A vrai dire, des dispenses étaient souvent accordées. Henry Arnauld resta dix mois sans
1. La Vieuvilie tomba le i3 août 1624, et alors Richelieu devint pour la première fois premier ministre (Hanotaux, Hist. de Richelieu, t. II, p. 556).
2. Lettres datées de Paris, sous le scel du secret : « Nous, à plains confians de la personne de nostre cher et bien amé M^^ Henry Arnauld, abbé de Saint-Nicolas d'Angers,.et de ses sens, suffisance, loyauté, preudhomye, expérience, intégrité, probité de vye et bonnes mœurs, diligence et fidélité, icelluy, pour ces causes et autres bonnes considérations à ce nous mouvans, avons ce jour d'huy retenu et retenons par ces présentes signées de nostre main en Testât et charge de l'un de noz conseillers et aumosniers ordinaires » (original parchemin avec sceau plaqué sur papier, signé Louis, et plus bas de Loménie : arch. du Fayel).