Batterel, op. cit., t. III, p. 33i et suiv
2. Cf. un bon chapitre d'Hermant (1. XXX, ch. i) sur le jansénisme et l'Oratoire.
3. Fondé en 161 5 (cf. G. Port, Dictionnaire, t. III, p. 492), l'Oratoire de Saumur eut d'ailleurs des professeurs d'une non moins grande célébrité que celui d'Angers. Je citerai le P. Louis Thomassin (Batterel, t. III, p. 479), le P. de Sainte -Marthe {Ibid., t. IV, p. 3), qui fut général de l'ordre et auquel revient une part de la Gallia christiana, etc.
2g4 HENRY ARNAULD
leurs enfants à l'Oratoire*; c'est là, nous l'avons vu, qu'il tint son fameux synode de 1669; Antoine Arnauld y fut reçu avec honneur en novembre 167 1 2.
Malgré tous les gages qu'il avait pu donner au pouvoir, l'Oratoire angevin fut, surtout après 1670, accusé plus vivement que jamais de jansénisme et surtout de cartésianisme. Bien qu'il y eût fort peu d'Oratoriens qui fussent docteurs, ainsi que le fait remarquer Pocquet de Livonnière^, l'Université, gardienne de la saine doctrine, les poursuivit de sa haine, et c'est avec une véritable satisfaction, comme nous l'avons vu, que le chancelier de la Barre publia, en 1679, ^^ Relation Jîdelle'^^ qui porte presque uniquement sur les luttes soutenues par lui contre les Oratoriens^. Le résultat de ces querelles ne tarda pas à se faire sentir; on put voir, en particulier, le Père Bernard Lamy, ce savant disciple de Mascaron, censuré et exilé par les bons offices de Voisin et de La Barre^. De même le Père Pellant, envoyé en 1677 par lettre de cachet à Brivela-Gaillarde, après avoir professé à Angers^.
Il n'entre pas dans notre dessein de raconter ces querelles sur le cartésianisme. Henry Arnauld prit assurément une part douloureuse aux tribulations de ces Pères, parmi lesquels il comptait tant d'amis^ et à qui, avant de
1. Ordonnance du ler avril lôSg [Archives départementales de Maine-et-Loire, fonds non classé de l'Oratoire de Saumur).
2. [Larrière], Vie d' Arnauld, t. II, p. 35; Vie de Nicole, p. 38.